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Informations et analyse de la stratégie de l’éditeur


Dossier Microsoft 2009 – Cinquième Partie : La bataille du web

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Ce quatrième et dernier volet du dossier Microsoft 2009 est consacré à la stratégie plateforme et développement de Microsoft.

Après avoir successivement considéré les enjeux liés au poste client, à l’infrastructure serveur et à la plateforme Cloud de Microsoft, ce dernier article conclura l’analyse de la situation de Microsoft en 2009 en se concentrant sur les relations que l’éditeur entretient avec la communauté des développeurs.

L’enjeu n’est pas ici directement d’ordre financier.

Même si la division en charge de Visual Studio dégage un revenu annuel de l’ordre du milliard de dollars, les développeurs constituent un enjeu stratégique en tant que composante essentielle de l’écosystème de Microsoft. Ce n’est pas un hasard si cette population est particulièrement courtisée par l’éditeur, y compris au plus haut niveau, Steve Ballmer s’étant rendu fameux avec son cri de ralliement « developers, developers, developers ».

Sur le terrain du développement, force est de constater que depuis un pic d’influence atteint à la fin des années 1990, Microsoft a beaucoup perdu en influence sur la communauté des programmeurs.

Nombreux sont les développeurs qui utilisent régulièrement le stack LAMP (Linux, Apache, MySQL et PHP) plutôt que le stack équivalent WISA de Microsoft (Windows, Internet Information Server, SQL Server et ASP.NET), nombreux également sont les développeurs employant principalement les outils d’Adobe (Flash, Air, .. ) pour créer et animer leurs sites Web, qui investissent dans des applets destinées à l’iPhone au détriment de Windows Mobile, qui utilisent Eclipse plutôt que Visual Studio, qui produisent enfin des extensions FireFox en négligeant Internet Explorer.

Microsoft est pleinement conscient du danger que représente le désintérêt d’une partie des développeurs pour sa plateforme et travaille activement à séduire ou à reconquérir cette population.

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Une des forces de Microsoft a été, dès les origines, d’investir des ressources considérables à destination des développeurs. A travers des outils comme MSDN et TechNet, via sa division DPE (Developer & Platform Evangelism) en charge de l’évangélisation de ses technologies, par l’intermédiaire de conférences spécifiquement destinées aux développeurs comme MIX ou les TechDays en France, … Microsoft cajole une population qui a été à l’origine de son succès et dont dépend son avenir. Dans l’industrie IT, l’éditeur passe pour avoir les meilleurs programmes consacrés aux développeurs.

Le but recherché avec ces différents programmes consiste dans l’adoption de la plateforme Microsoft par les développeurs avec pour corollaire la mise sur le marché d’une gamme d’applications qui rendent les produits de l’éditeur d’autant plus attractifs aux yeux des entreprises comme du grand public.

Mais quelle plateforme pourra t’on objecter ? Il est vrai qu’il n’y a pas une mais un ensemble de plateformes incarnées par Windows, Windows Mobile, Office, SharePoint, .NET, Azure, Xbox, Surface, Zune, …. En réalité, la quasi-totalité des produits Microsoft sont paramétrables et extensibles via un jeu d’API exposées au sein d’un SDK, ce qui fait de la plupart des offres de l’éditeur des plateformes en puissance.

Heureusement pour Microsoft et ses développeurs, le dénominateur commun à l’ensemble de ces plateformes est incarné par le couple Visual Studio/.NET.

 VS dotnet

En intégrant .NET dans l’ensemble de ses produits et en faisant constamment évoluer Visual Studio pour prendre en compte ses nouvelles technologies, Microsoft permet à tout développeur ayant acquis une expérience .NET de pouvoir facilement appliquer ces compétences à de nouveaux projets, indépendamment de la plateforme matérielle ou du domaine d’application ciblé.

 

Pour reprendre la caractérisation de Microsoft, .NET est la glue qui permet d’intégrer les différentes composantes de l’offre de l’éditeur entre elles mais également de les relier à des plateformes alternatives, qu’elles soient situées sur le Datacenter ou dans le Cloud.

L’état de la plateforme

La version courante du Framework .NET est la version 3.5 dotée du Service Pack 1 qui constitue un tronc commun, un point de synchronisation entre ses différents produits (Vista, Windows 7, Windows Server 2008, SQL 2008, Silverlight, … )

.NET 3.5SP1

La stratégie développement de Microsoft consiste à faire évoluer .NET en y ajoutant régulièrement de nouvelles classes destinées à rendre les développeurs plus productifs, tout en renforçant le rôle de plateforme d’intégration de son Framework.

.NET facilite l’intégration d’une application avec les composants du stack maison (Windows Server, SQL Server, SharePoint, Silverlight, …) mais également avec les applications Java, PHP ainsi que les applications et services issus du Cloud.

La version 4.0 de .NET, actuellement en phase de beta test, est attendue pour le printemps 2010 simultanément à la disponibilité de Visual Studio 2010.

.NET 4.0 introduira un grand nombre de nouvelles classes destinées à faciliter le développement d’applications tirant parti de machines multi-cœurs comme par exemple le traitement en parallèle d’un grand nombre de requêtes. Peut être plus significativement, la version 4.0 de .NET s’ouvre aux langages dynamiques tels que Ruby ou Python adressant ainsi potentiellement une bonne part de la communauté des développeurs Web.

Un des objectifs de .NET 4.0 consiste également à faciliter le développement d’applications destinées à Windows 7 et notamment les applications reposant sur une interface tactile, désormais supportée non seulement par Windows 7, mais également par Surface et à moyen terme par Windows Mobile 7.

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La plateforme Visual Studio 

Parallèlement à .NET, Microsoft continue d’investir dans le développement de Visual Studio et Visual Studio Team System destiné aux organisations comprenant un grand nombre de développeurs travaillant en équipe.

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Visual Studio 2010 sera enfin basé sur WPF (Windows Presentation Foundation) et permettra plus facilement qu’avec la version courante de gérer des projets logiciels importants.

La version 2010 de l’IDE (Integrated Development Environment) de Microsoft intégrera nativement les extensions nécessaires au développement d’applications destinées à Windows 7, Silverlight et SharePoint, sans oublier bien sûr Azure.

L’ajout d’extensions destinées au développement d’applications SharePoint est un bon exemple d’une synergie voulue par Microsoft entre ses outils de développement et ses logiciels professionnels.

La pénétration de SharePoint en entreprise devrait bénéficier de l’intégration d’outils spécifiques dans Visual Studio. Cette intégration permettra à des développeurs .NET découvrant SharePoint de démarrer rapidement des projets en capitalisant sur leurs connaissances combinées de l’outil Visual Studio et du Framework .NET, lui même intégré dans SharePoint.

Le même raisonnement vaut pour Silverlight et bien entendu Azure.

L’ambition de Microsoft est d’adresser de façon similaire et avec les mêmes outils, aussi bien les développements destinés à s’exécuter au sein du datacenter que ceux devant prendre place dans le Cloud. SQL Azure par exemple fera partie avec Visual Studio 2010 des plateformes qu’un développeur .NET pourra choisir de cibler en partant d’une application initialement écrite pour SQL Server.

Visual Studio Team System pour sa part étend la portée de Visual Studio en prenant en compte les besoins du travail collaboratif entre architectes logiciels, codeurs, testeurs et gestionnaires de projets.

Avec Visual Studio Team System (VSTS), Microsoft investit le Life Cyle Management, domaine jusque là réservé à des produits comme Rationale d’IBM ou Mercury racheté par HP.

VSTS tend également à incorporer des outils de modélisation permettant de partager un modèle d’architecture entre les différents constituants d’une équipe projet. VSTS 2010 supportera notamment UML (Unified Modeling Language) à l’instar d’IBM avec Rationale.

Si l’on excepte la gamme Expression sur laquelle je reviendrai plus loin, Visual Studio constitue la boîte à outils universelle du développeur Microsoft. Via Visual Studio, un programmeur est en mesure de s’attaquer à tout type de développement, quelle que soit la plateforme visée et le langage employé.

En investissant dans son IDE et dans .NET Microsoft parie sur la vitesse de développement pour attirer les développeurs en entreprise. Pour ces derniers, le « time to market » est un attribut plus important dans le choix d’une plateforme que le coût de licence de ses composants.

On verra plus loin quelle approche Microsoft compte utiliser pour séduire les développeurs Web.

.NET vs Java

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La coexistence en entreprise des deux Frameworks est plus que jamais d’actualité, J2EE et .NET se partageant le marché grosso modo à part égales avec peut être dans certains marchés un avantage à .NET. Ceci étant, de plus en plus de ponts sont jetés qui facilitent les interactions entre applications écrites sur ces deux plateformes. Dans ce domaine, tout comme pour ce qui concerne la coexistence de Windows Server et de Linux dans l’entreprise, la mixité des approches tend à se généraliser.

La nouveauté concernant Java c’est bien sûr le rachat quelques mois plus tôt de Sun par Oracle et la série de questions aujourd’hui restées sans réponses qui en découle.

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Scott Mc Nealy de Sun et Larry Ellison d’Oracle lors d’une conférence JavaOne

Oracle a volontiers reconnu que le rachat de Sun était motivé par Java, en restant évasif sur ses intentions concernant l’avenir de cette plateforme. Certains doutent de la volonté d’Oracle de laisser le développement de Java aux mains de la communauté qui s’en est chargé  jusqu’ici. Ces observateurs sont enclins à penser qu’Oracle fera tout ce qui lui est possible pour influencer les évolutions de Java de façon épouser ses intérêts. L’annonce récente de l’arrêt du partenariat entre Oracle et HP à propos d’Exadata (la « database machine » développée en commun et annoncée il y a tout juste un an) au profit de Sun est sans doute un signe avant coureur des réorientations à venir.

IBM qui s’était porté candidat au rachat de Sun, avant finalement de laisser à Oracle le soin de racheter ce constructeur, doit nourrir quelques interrogations concernant sa stratégie Java.

Du fait de l’appropriation de facto de Java par Oracle, l’éditeur californien est désormais doté d’un stack composé d’« Unbreakable Linux », la version Linux de l’éditeur, du Framework Java et enfin de deux SGBD (MySQL et Oracle).

Oracle se positionne de ce fait de plus en plus comme étant en mesure de rivaliser avec Microsoft en offrant un éventail de technologies bien plus large que le SGBD. L’entreprise californienne saura t’elle faire fructifier ces atouts et garder la confiance de la communauté Open Source comme celle de ses anciens partenaires HP et IBM, il faudra attendre encore quelques temps pour trancher.

Quelle que soit la décision que prendra Oracle au sujet de Java, prise de contrôle assumée ou adhésion à un processus communautaire, les évolutions du langage comme de la plateforme s’en trouveront forcément affectés.

Le Web

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Le clivage « .NET vs Java » qui occupe les esprits depuis près de dix ans est sans en doute en passe d’être finalement dépassé compte tenu du déplacement du centre de gravité des développeurs en direction du Web.

Java tout comme .NET ont été initialement conçus pour adresser la problématique du développement d’applications métiers en entreprise. Même si ces deux Frameworks ont évolués pour prendre progressivement en compte les technologies issues du Web, .NET et Java se caractérisent par une certaine lourdeur si on les compare à une approche « agile » rendue possible par des langages dynamiques tels que PHP, Ruby, ….

C’est d’ailleurs pour répondre à la popularité croissante de ces approches que Microsoft a fait évoluer ASP.NET en intégrant le support d’Ajax et plus récemment du modèle MVC (Model View Controler) destiné à traiter séparément le codage des règles métiers et l’IHM.

C’est la même préoccupation qui a conduit l’éditeur à investir dans l’optimisation de PHP sous Windows Server et à travailler activement au support de Python et Ruby dans .NET.

En fait, la problématique nouvelle à laquelle sont confrontés Microsoft tout comme Sun (et désormais Oracle) consiste à se positionner vis-à-vis de LAMP, le stack Open Source qui a la faveur d’une grande majorité des développeurs du Web.

Une des raisons pour lesquelles LAMP est aussi populaire découle de son prix … La plupart des start-up étant par définition contraintes par des ressources financières limitées, il est logique qu’elles se tournent en priorité vers une plateforme de développement gratuite plutôt que vers les offres de Sun ou de Microsoft.

C’est pour répondre à ce besoin que Microsoft vient d’annoncer un nouveau programme à l’attention des agences Web et programmeurs Web freelance. Ce programme appelé WebsiteSpark ( http://www.microsoft.com/web/websitespark/) s’adresse aux jeunes sociétés spécialisées dans le développement de sites Web. Il leur donne un accès gratuit aux outils Microsoft utilisés dans le développement et l’exécution de sites Web : Visual Studio Professionnal et Expression Studio pour le premier et Windows Server et SQL Server pour le second. Ce programme comprend des prestations de support et propose également de donner une certaine visibilité aux produits développés par les participants.

Le deuxième volet de la stratégie de Microsoft ciblant les développeurs du Web repose sur la promotion de son propre stack composé de Windows Server, IIS, SQL Server et ASP.NET sans pour autant se fermer à l’utilisation de composants alternatifs.

Rien n’empêche en effet de faire tourner Apache, MySQL et PHP sur un serveur Windows Server, on parlera alors de WAMP.

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Microsoft a par ailleurs collaboré avec Zend pour optimiser l’exécution d’applications PHP sous IIS à travers le développement du module FastCGI. Le résultat en est des applications PHP qui s’exécutent aussi rapidement sous Windows Server / IIS que sous Linux / Apache, rendant de fait les deux plateformes interchangeables et ouvrant à Microsoft le support potentiel d’un très grand nombre d’applications PHP. Un plug-in Visual Studio destiné au développement PHP est disponible auprès de jcx.software.

A noter d’ailleurs que les applications PHP et ASP.Net peuvent s’exécuter concurremment sur une même machine ce qui confère à Windows Server une souplesse appréciable pour les hébergeurs professionnels.

De façon à faciliter le travail des développeurs Web qui souhaiteraient découvrir son offre, Microsoft a packagé l’ensemble des composants de sa plateforme (Windows Server/IIS, SQL Server, ASP.NET, ASP.NET MVC, Visual Web Developer, Silverlight et ASP.NET AJAX) dans un outil appelé Web Installer qui rassemble l’ensemble de ces composants et réalise une installation intégrée de ceux-ci.

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Web Installer 2.0 

La dernière version de cet outil, le Web Installer 2.0, ajoute le SDK Azure, les services de streaming vidéo d’IIS et une version d’évaluation d’Expression Studio. Enfin, WI 2.0 comprend un grand nombre d’applications développées sous .NET ou PHP comme DotNetNuke, SugarCRM, WordPress, mojoPortal, Gallery, …

Microsoft adopte dans ce domaine un positionnement pragmatique en s’ouvrant aux développeurs PHP qui n’auraient pas initialement considéré Windows Server comme une plateforme cible. En mettant sur un pied d’égalité à la fois .NET et PHP, Microsoft cherche à gagner en crédibilité vis-à-vis des développeurs Web.

Enfin, le troisième volet de cette stratégie visant le Web repose sur Azure.

En proposant aux start-up la mise à disposition d’une infrastructure d’hébergement capable de monter dynamiquement en charge, Microsoft rejoint Amazon et son offre EC2 dans une offre d’hébergement financièrement abordable particulièrement pour des jeunes pousses du Web.

La production de contenu pour le Web

Au-delà de la promotion de son propre stack serveur, Microsoft investit également dans les outils de production de contenu pour essaye de faire pièce à Adobe qui bénéficie d’une pénétration très importante chez les agences Web et les développeurs de contenu.

Après avoir consolidé les actifs en provenance du rachat de Macromedia, Adobe est en position d’offrir une palette complète d’outils qui vont de la création et de la retouche d’images (Illustrator et Photoshop), à la création de contenu HTML (DreamWeaver), au streaming vidéos et à la production de contenus animés (Flash, Flex, Air …)

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Pour concurrencer Adobe, Microsoft a pris un tournant stratégique en 2005 avec l’annonce de la gamme Expression Studio.

Succédant à Frontpage, un outil de création de pages HTML acheté par l’éditeur quelques années plus tôt, Expression Web représente l’outil de développement HTML positionné comme alternative à Dreamweaver d’Adobe. D’un point de vue fonctionnel, tout comme s’agissant de son interface, Expression Web qui en est à la version 3.0 n’a pas à rougir de la comparaison avec Dreamweaver.

La version 3.0 d’EW intègre notamment un mode « SuperPreview » qui permet de considérer le rendu d’une page HTML simultanément dans plusieurs navigateurs, par exemple comparer l’affichage d’une page HTML dans IE et FireFox ou dans IE 8 et IE 6, dans Chrome, …

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Expression Web 3.0

A noter qu’Expression Web est également en mesure de produire du code ASP.net tout comme du code PHP.

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La gamme Expression Studio

Expression Studio comprend outre l’éditeur HTML Expression Web, trois outils supplémentaires que sont Expression Design, Expression Blend et Expression Encoder. La suite Expression Studio intègre avec ces outils, l’ensemble des applications nécessaires à la production de contenus destiné au Web.

Si Adobe a ses origines dans le design, Microsoft vient du monde du développement et compte s’appuyer sur ses points forts pour reprendre du terrain.

Microsoft a notamment développé des liens étroits entre Expression Studio et Visual Studio qui permettent à des graphistes et des développeurs de travailler en collaboration étroite sur un même projet. Ce travail d’équipe repose sur l’échange de fichiers XAML intégrant éléments de design mais aussi de code, XAML étant un langage déclaratif développé par Microsoft et utilisé dans le développement d’applications WPF et Silverlight.

Un graphiste dessinera initialement l’interface d’une application Web via Expression Design avant d’envoyer son projet à un développeur Visual Studio qui récupérera un fichier XAML. Ce programmeur se chargera d’intégrer la logique applicative à cette interface et renverra une maquette opérationnelle au designer en vue de la tester, d’apporter des modifications, de demander au développement d’ajouter des fonctions, etc … Ces allers et retours entre créatifs et développeurs sont considérablement simplifiés du fait qu’ils se basent tous deux sur un même document XAML.

Malgré la richesse de son offre, Microsoft doit faire face à un formidable concurrent avec Adobe, ce dernier pouvant compter sur la fidélité de légions de professionnels ayant acquis des années d’expérience sur ses produits.

Même si la suite Expression Studio offre un ensemble d’outils comparables à l’offre d’Adobe, et disponible à un prix inférieur, le manque de notoriété de Microsoft dans cette profession fait que la plupart des professionnels du Web ignorent l’existence de cette offre ou au mieux en ont entendu parler, mais rares sont ceux qui l’utilisent à ce jour.

La bataille du RIA

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Dernier front et non des moindres, celui du client Web.

Là encore, les deux acteurs prédominants que sont Adobe et dans une moindre mesure Microsoft se voient menacés par la montée en puissance de technologies issues du Web.

Si Microsoft a réagi d’une façon particulièrement agressive en lançant Silverlight pour contrer Adobe sur le terrain du RIA (Rich Internet Application), une alternative de poids s’est depuis fait jour avec les efforts conjugués de la fondation Mozilla, d’Apple et de Google pour développer la version 5 du protocole HTML.

Ces développements n’empêchent pas Microsoft de nourrir de grandes ambitions autour de Silverlight.

Annoncé en 2006, Silverlight a fait l’objet d’un développement très rapide en atteignant la version 3.0 depuis le mois de Juillet. La version 4.0 est en cours de développement et sera sans doute annoncée lors du prochain MIX, la conférence développeurs de Microsoft destinée aux développeurs du Web qui se tient tous les ans au mois de mars.

Microsoft estime à environ 30-35 % la proportion de PC désormais dotée de Silverlight.

Rappelons que Silverlight est un plug-in multi-navigateurs et multiplateformes destiné à supporter des applications Web riches (Online tout comme Offline) ainsi qu’à offrir une alternative à Flash sur le terrain du streaming de contenu vidéo.

L’éditeur espère atteindre dans les prochains mois une part de marché de l’ordre de 50 % dont il estime qu’elle convaincra la majorité des développeurs Flash à s’intéresser sérieusement à Silverlight.

De façon à pousser l’adoption de Silverlight, Microsoft a noué des partenariats avec de nombreuses organisations pour le streaming en HD de nombreux événements sportifs.

On peut citer la retransmission des JO de Pékin en 2008, celle de Wimbledon, du tour de France et de Roland Garros cette année, en attendant les JO d’hiver de Vancouver l’année prochaine.

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Retransmission live et en HD de Rolland Garros via Silverlight

Un grand nombre de groupes médias se sont intéressés à cette plateforme, comme MSNBC aux Etats Unis et France 2 ou encore Canal + dans l’hexagone, pour des raisons qui tiennent à la qualité de la retransmission HD, de l’avantage compétitif en termes de coût que représente une plateforme de diffusion reposant sur les fonctions de streaming intégrées à IIS et sur la gestion des DRM.

Au-delà du marché des grands médias, l’entreprise est une cible importante pour Microsoft qui compte sur la familiarité qu’entretiennent de nombreux développeurs avec .NET pour pousser à l’écriture d’applications professionnelles reposant sur Silverlight en intégrant par exemple cette technologie avec SharePoint.

Du fait qu’il repose sur un sous ensemble de .NET, Silverlight représente une plateforme de développement attractive et beaucoup plus riche qu’Air d’Adobe, lorsqu’il s’agit d’intégrer une application frontale avec le back office.

Microsoft espère ainsi s’imposer sur le marché naissant du RIA en entreprise face à Adobe qui ne bénéficie pas de la même crédibilité vis-à-vis des développeurs professionnels.

Sans vouloir faire d’annonces à ce stade, Microsoft laisse entendre qu’il migrera un grand nombre de ses propres applications sur Silverlight. La version Web d’Office 2010 par exemple tire avantage de Silverlight pour améliorer la fidélité du rendu des documents Office présentés dans le navigateur, même si l’utilisation d’OWA (Office Web Applications) ne nécessite pas nécessairement cette technologie.

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Silverlight partout ou presque

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Silverlight ambitionne d’être présents sur tous types de terminaux, donnant corps à la vision « Three screens and the cloud » qui sous tend la stratégie grand public de Microsoft.

Silverlight est disponible sur Windows, sur MacOS et sur Linux via le projet Moonlight mené par Novell visant à porter Silverlight sur cet OS.

Silverlight sera disponible sur le futur Windows Mobile 7 attendu pour l’année prochaine ainsi que sur la Xbox 360. Nokia a également signé pour supporter Silverlight sur certains de ses appareils mobiles.

Microsoft annonçait récemment l’inclusion de Silverlight dans sa plateforme embarquée Windows Embedded mais aussi l’intégration par Intel de Silverlight dans son offre Atom, aussi bien pour Windows que pour Linux.

Pas de nouvelles par contre d’un Silverlight sur l’iPhone, Apple misant sur HTML 5, tout comme Google, pour réduire sa dépendance vis-à-vis d’Adobe et à fortiori de Microsoft.

En avançant au pas de charge sur le développement de Silverlight, Microsoft espère non seulement rattraper son retard sur Adobe mais également prendre de vitesse Google et Apple.

HTML 5 dépendant des travaux du consortium WHATWG (Web Hypertext Application Technology Working Group) réunissant un grand nombre d’acteurs (dont Microsoft), il est probable que son développement soit sensiblement plus lent que le rythme de développement de Silverlight et de Flash/Air, ce qui donne à ces solutions propriétaires une fenêtre d’opportunité pour imposer leur technologie au marché.

A contrario, en distribuant régulièrement de nouvelles versions incrémentales de Chrome, de FireFox et de Safari tirant parti des avancées d’HTML 5 ; Google, Mozilla et Apple visent à implémenter rapidement de nouvelles fonctionnalités multimédias dans leurs navigateurs respectifs qui rendront progressivement inutiles l’utilisation des services multimédia de Flash et de Silverlight.

Il est difficile de pronostiquer l’issue d’une bataille au long cours entre ces stratégies concurrentes. Quoi qu’il en soit, en participant activement au WHATWG, Microsoft garde ouvertes toutes ses options. On imagine mal que l’éditeur facilite la tâche de ses concurrents en ne supportant pas HTML 5 dans les versions à venir d’Internet Explorer.

Conclusion

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La stratégie plateforme de Microsoft consiste à rendre .NET omniprésent. C’est le cas bien sûr dans l’ensemble des produits de l’éditeur, mais aussi de plus en plus dans un grand nombre de plateformes tierces parties comme MacOS (via Silverlight), Linux (via Mono et Moonlight), Windows Mobile, Symbian, Moblin, …

Cette quasi ubiquité de .NET permet à tout développeur ayant acquis une expérience Visual Studio / .NET de pouvoir rapidement cibler de nouvelles plateformes (les mobiles, la Xbox, le RIA, …) en capitalisant sur sa connaissance du Framework de Microsoft.

L’éditeur après tout peut compter sur la plus importante communauté de développeurs au monde qui ne demande qu’à exercer ses talents dans de nouvelles directions.

Microsoft utilise l’expression « Common Development Approach » pour signifier qu’un IDE unique, Visual Studio pour ne pas le nommer, permet de cibler tout type de développement sur la plupart des plateformes.

Dans la terminologie Microsoft, cette proposition s’énonce sous la forme de « program once and deploy everywhere ». Il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec la promesse de Java à ses origines qui était de « Write Once, Run anywhere » et qui pour les mauvaises langues s’est transformée en « Write Once and Debug Everywhere ».

Si Java n’a pas tenu ses promesses et a vu en conséquence son influence sur le poste client devenir quasi négligeable, c’est vraisemblablement en raison de l’hétérogénéité de son implémentation sur les différentes plateformes cibles mais également des efforts de Microsoft visant à torpiller Java sur Windows. A contrario, Microsoft veille à ce que .NET soit implémenté de façon consistante et à garantir la bonne exécution des applications ciblant son Framework.

Microsoft réussira t’il là ou Java a échoué ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais la dynamique dont bénéficie .NET et les incertitudes entourant le devenir de Java semble donner l’avantage à Microsoft sur ce front.

Sur le terrain du Web, Microsoft aligne une panoplie impressionnante de produits : Windows Server, IIS et le smooth streaming, ASP.NET, Silverlight, la gamme Expression, IE 8, le support optimisé de PHP, de Ruby et de Python, … Via un programme comme WebsiteSpark, l’éditeur ambitionne d’équiper les nouvelles start-up du Web. En combinant ces deux approches, Microsoft espère devenir la plateforme de référence pour une nouvelle génération de développeurs.

La stratégie est cohérente mais repose sur le postulat d’un succès commercial des plateformes sous jacentes. Si le succès de Windows 7 semble assuré, beaucoup d’interrogations demeurent concernant Windows Mobile dont personne n’a encore vu la version 7 sur laquelle reposent tous les espoirs de Microsoft et de ses OEM. A quoi bon disposer d’un environnement de développement exceptionnel si la plateforme ciblée est boudée au profit de plateformes concurrentes (iPhone, BlackBerry, Android, ….) ?

En réalité, si la combinaison Visual Studio / .NET peut contribuer au développement commercial d’une plateforme, elle reste en revanche incapable de créer son succès ex nihilo.

Enfin, beaucoup d’espoirs chez Microsoft reposent sur la version portable de .NET incarnée par Silverlight. L’adoption de Silverlight est la condition sine qua non de la diffusion de .NET au-delà de la plateforme Windows et donc du succès de la stratégie de développement de Microsoft.

Ni Adobe, ni Google ou Apple ne souhaitent laisser à Silverlight le temps de trouver sa place sur le marché et ainsi de convertir bon nombre de développeurs aux charmes de .NET.

Apple et Google sont fortement investis dans le développement de leurs navigateurs respectifs ainsi que dans la spécification d’HTML 5 visant à leur donner à terme les clés d’une indépendance vis-à-vis des technologies d’Adobe et de Microsoft.

Si le développement de Silverlight semble procéder à un bon rythme, Internet Explorer représente à ce jour le talon d’Achille de Microsoft dans la bataille qui l’oppose à Google (qui finance la fondation Mozilla à l’origine de Firefox) comme à Apple.

Le risque pour Microsoft est de voir la part de marché d’Internet Explorer progressivement grignotée par Firefox, voire Chrome ou Safari qui offrent des navigateurs plus rapides qu’IE, notamment concernant l’exécution de programmes Javascript.

Microsoft a donc du pain sur la planche pour rattraper le terrain perdu, à la fois sur le marché du smartphone tout comme sur celui du navigateur, et assurer ainsi les conditions du succès de sa stratégie. Si l’éditeur réussit l’exploit de faire un come back réussi dans ces deux domaines, tous les espoirs lui sont permis.

A la question de savoir si un tel retournement est possible, on peut évoquer l’arrivée de Windows 7 pour rappeler qu’il peut être dangereux d’enterrer trop vite une société capable de se remettre fondamentalement en question à plusieurs reprises dans son histoire.

Microsoft vient de connaître quelques années difficiles, essentiellement en raison de ses propres erreurs, mais l’arrivée de Windows 7 constitue la preuve de la capacité de l’éditeur à se remettre en cause, à corriger le tir et à déployer les efforts nécessaires lui permettant de revenir au premier plan.

Le lancement de Windows 7 dans quelques jours, l’introduction de Silverlight 4.0 et peut être d’IE 9.0 à MIX 2010 en mars prochain et enfin la présentation très attendue de Windows Mobile 7 au printemps devraient apporter quelques éléments de réponse à ces questions.

16 octobre 2009 Posted by Hugo Lunardelli | Analyse | no comments

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