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Informations et analyse de la stratégie de l’éditeur


Dossier Microsoft 2009 – Deuxième Partie : Windows 7, à la reconquête du terrain perdu.

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Ce premier volet consacré au poste de travail a pour objet de faire un bilan de la position de Microsoft sur ce marché.

Etat des lieux

Même si Windows (avec une part de marché mondiale supérieure à 90 %) continue à dominer de la tête et des épaules le segment des systèmes d’exploitation pour ordinateurs personnels, les signes d’un effritement de cette position se sont multipliés ces deux dernières années.

La déconvenue de Vista

Le premier coup de butoir émane de l’éditeur lui-même. Microsoft porte en effet l’essentiel de la responsabilité de l’échec de Vista et des dommages collatéraux qui s’en sont suivis.

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Sans vouloir revenir trop longuement sur un phénomène déjà largement analysé, rappelons que Microsoft, après cinq ans de développement, a introduit à la fin 2006 une version de Windows destinée à succéder à Windows XP. Le problème étant que cette version n’avait en fait qu’un peu plus de deux ans de développement (Microsoft ayant été contraint de reprendre à zéro le développement en 2003) et qu’elle a été lancée aux forceps, essentiellement pour satisfaire ses clients grands comptes ayant souscrit un contrat de maintenance ( la SA dont il sera à nouveau question plus loin ) et souhaitant bénéficier d’une nouvelle version de Windows pour justifier leur investissement.

Cette version insuffisamment testée, non optimisée, introduite sans que l’écosystème de support (fabricants de périphériques et éditeurs d’applications) ne soit prêt a logiquement été gratifiée d’une fin de non recevoir de la part d’une majorité d’entreprises, le grand public n’ayant pas trop le choix en dehors de l’abandon de Windows pour se reporter sur Apple et dans une moindre mesure sur Linux.

L’opportunisme d’Apple

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Le deuxième coup de butoir vient d’Apple qui a sauté sur l’occasion pour « ringardiser » Vista et le monde du PC en général avec une série de vidéos mettant en scène deux archétypes d’utilisateurs : le tâcheron qui peine à faire tourner son PC et le personnage cool et décontracté qui jouit d’une machine qui « just works ».

Ces clips caricaturaux, souvent à la limite de la mauvaise foi, ont néanmoins permis à Apple d’occuper le terrain en profitant du silence assourdissant de Microsoft resté sans réaction pendant 18 mois. Cette campagne a permis de positionner le Mac comme l’alternative branchée au PC vieillissant et discrédité par les problèmes de Vista.

Le phénomène Netbook

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Le troisième assaut découle du caractère inopiné et massif du phénomène Netbook. Même si Microsoft dispose désormais de 90 % de parts de marché sur cette catégorie de machines, Linux n’étant plus pré installé que sur environ 10 % des machines, l’éditeur a dû maintenir Windows XP en survie artificielle pour adresser ce segment, ce qui impacte ses marges comme on l’a vu dans les résultats financiers de la fin de l’année 2008.

Le danger à moyen terme, sur ce marché dont l’importance ne cesse de croître, réside dans l’entrée possible d’Apple avec son propre Netbook ainsi que sur les velléités d’indépendance que caressent les « partenaires » OEM de Microsoft qui apprécieraient de gagner en autonomie, sans oublier de regonfler leurs marges, en supportant un système d’exploitation alternatif qui puisse rencontrer les faveurs du grand public, ce que les différentes distributions de Linux n’ont pas réussi à faire jusqu’ici.

Quel système alternatif ? Il existe déjà un dérivé d’Unix qui a s’imposer auprès des utilisateurs : Mac OS X. Il existe une autre variante de Linux qui a le vent en poupe sur le marché des smartphones : Android de Google.

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Android est un environnement conçu pour s’exécuter, non pas sur une plateforme x86 telle que le processeur Atom d’Intel, mais sur les processeurs ARM qui équipent les smartphones en étant moins consommateurs d’énergie, en conférant une autonomie plus importante et en coûtant significativement mois cher que les processeurs d’Intel.

Même si Android a été hacké pour tourner sur un x86, la véritable opportunité résiderait pour Google dans l’introduction d’une nouvelle génération de Netbook basés sur un moteur ARM et des composants de Qualcomm, un acteur importants du marché de la téléphonie; marché qui est justement en train de converger vers celui des Netbooks.

Il reste à voir si ces rumeurs se concrétiseront mais on prête à HP et Asus le projet de mettre sur le marché des Netbook basés sur le dérivé Linux de Google. Dans l’hypothèse où ces Netbooks dont les prix sont attendus aux alentours de 200 $ deviendraient populaires, Microsoft n’aurait que Windows CE à proposer sur ces machines, ce qui le mettrait dans une situation difficile.

Une riposte préparée de longue date

Face à ces menaces d’encerclement, comment la citadelle du PC, tenue par Microsoft depuis plus de 20 ans, peut elle résister ?

La réponse tient en un mot et un chiffre : Windows 7.

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Même si l’éditeur (et notamment son patron Steve Ballmer) peut donner l’impression d’être déconnecté du marché en s’obstinant envers et malgré tout à défendre Vista dont l’impopularité atteint des records, les dirigeants de la compagnie ont su analyser les raisons de ce fiasco et ont mis en œuvre, dès le lancement de Vista, les actions correctives nécessaires.

Avant même le lancement en Novembre 2006 de Vista, Microsoft avait annoncé le départ de Jim Allchin, le directeur de la division Windows, en nommant Steven Sinofsky, le directeur de la division Office, comme son successeur. Sinofsky, réputé pour sa capacité à livrer ses projets dans les temps, a appliqué ses talents d’organisateur à réparer les insuffisances de Vista en travaillant méthodiquement depuis plus de deux ans à sa succession.

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Steven Sinofsky lors de sa présentation de Windows 7 en Octobre 2008

Ce travail de l’ombre, à un moment où Microsoft était occupé à essayer de convaincre ses clients d’adopter Vista, a débouché près de deux ans plus tard sur la première présentation de Windows 7 à l’occasion de la Professional Developer Conference qui s’est tenue en Octobre 2008.

Depuis s’en est suivie une première beta officielle ouverte à tous en Janvier 2009, la prochaine étape étant une RC (Release Candidate). Entre temps, différents « builds » ont fuité, le dernier en date (le build 7077) étant installable avec les mêmes clés d’activation que la beta I (build 7000).

Au-delà de la rhétorique officielle visant à soutenir Vista, les ressources marketing de Microsoft ont été réallouées en direction de Windows 7 comme on a pu le constater lors des TechDays ou les nombreuses sessions consacrées à Windows 7 faisaient salle comble.

Prenant conscience qu’il devenait contre productif de continuer à pousser Vista, Microsoft se met en ordre de marche pour lancer Windows 7 et ne cache plus sa préférence pour cette version comme le manifestait candidement Robbie Bach (directeur de la division Xbox, hardware et mobilité) lors d’un keynote qu’il donnait le 2 Avril : « Now when you think about Windows 7 itself, I’m very excited about this as a product. I use it myself. It’s tremendously stable. It’s faster. It’s easier to use. My every day tasks have gotten much simpler.” Bel éloge funèbre pour Vista.

Windows 7, six éditions et deux marchés

Reconquérir le grand public

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Windows 7 sera proposé avec le même nombre d’éditions que Vista (six) mais le choix sera in fine simplifié pour le consommateur qui dans la majorité des cas verra son futur PC doté en standard de Windows 7 Home Premium, la version Home Basic étant réservée aux pays émergents.

· Windows 7 Starter

· Windows 7 Home Basic

· Windows 7 Home Premium

· Windows 7 Professional

· Windows 7 Enterprise

· Windows 7 Ultimate

Dans le cas où la machine de ce consommateur s’avèrerait être un Netbook, il est possible que cette version soit Windows 7 Starter qui limitera à trois le nombre d’applications dont l’exécution simultanée est autorisée, qui ne disposera pas d’Aero, ni de Media Center, …

Cette version sévèrement bridée sera proposée à un prix attractif aux OEM de façon à ne pas trop s’éloigner du prix des configurations équivalentes sous Linux. Microsoft espère que de nombreux utilisateurs voudront mettre à jour la version starter vers la version Home Premium moyennant l’achat en ligne d’une clé permettant de débloquer des fonctionnalités déjà présentes sur la machine, mais désactivées.

Pour l’utilisateur final, Windows 7 devrait représenter une offre attractive en lui permettant enfin d’abandonner Windows XP pour un nouvel OS moderne, enrichi fonctionnellement, plus ergonomique et plus sûr, sans avoir à pâtir des lenteurs et des problèmes d’incompatibilité qui ont plombé Vista.

Non pas qu’il n’existe pas de risques d’incompatibilité, le noyau et les modèles de drivers de Windows 7 étant les mêmes que pour Vista ; la différence résidant dans le fait que ces problèmes ont depuis été résolus avec l’arrivée de nouveaux drivers et d’applications réécrites pour prendre en compte le nouveau modèle de sécurité.

Ce qui frappe à l’usage quotidien de Windows 7, au-delà des gains de performances et de la fluidité du système comparé à Vista, c’est le soin apporté à une multitude de petites touches qui rendent l’expérience utilisateur gratifiante. Les exemples sont nombreux qui vont de la nouvelle barre des tâches, des jump lists, du mode Aero peek en passant par des choses moins visibles comme les raccourcis clavier qui permettent de manipuler les fenêtres, de les maximiser, de placer deux applications en vis-à-vis pour pouvoir comparer deux versions de document et mon préféré, le raccourci permettant de faire passer une fenêtre d’un écran à un autre quand on a la chance de posséder deux moniteurs sur son PC.

Pour peu que les OEM fassent preuve d’un peu d’imagination, on devrait voir apparaître avec Windows 7 une nouvelle génération de portables qui tireront partie des fonctionnalités multi-touch du système et qui permettront une utilisation simple et intuitive de la machine dans des contextes où l’utilisation du clavier et de la souris ne sont pas les plus appropriés. Que l’on pense à l’utilisation d’un Netbook, acheté pour 300 €, posé sur les genoux dans le métro et qui ne nécessite que quelques consignes gestuelles pour permettre à son possesseur de naviguer, de lire ses emails ou de regarder une vidéo et on aura une idée du potentiel de ce type de machine.

Windows 7 a le potentiel au minimum de ralentir la migration qui a vu de nombreux utilisateurs se tourner vers Mac OS, mais pourrait, pourquoi pas, ramener certains de ces nouveaux convertis vers leur environnement d’origine. Dans un contexte où le pouvoir d’achat s’érode, choisir entre deux machines dont les spécifications sont comparables et où l’une d’entre elles coûte plusieurs centaines d’Euros que l’autre, risque de conduire beaucoup d’utilisateurs à ne plus se poser la question et à choisir Windows 7 dont les caractéristiques ne pâliront plus face à Mac OS.

C’est l’argument qu’a fait valoir Microsoft dans une publicité diffusée récemment aux Etats Unis et dont le message a provoqué l’ire (pour ne pas dire plus) des supporters d’Apple. Voir la vidéo ci-dessous.

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Windows 7 en entreprise

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Au delà de la reconquête d’une frange d’utilisateurs passés à Mac OS, le domaine dans lequel Windows 7 aura le plus d’impact est clairement celui de l’entreprise.

Si Vista a récemment passé la barre des 30 % de parts de marché, le poids des entreprises ne représente qu’un petit dix pour cent, affichant un taux d’utilisation deux fois moins élevé que dans le grand public. C’est peu dire que de souligner combien la majorité des entreprises ont boudé Vista et qu’une proportion qui est allé croissante au cours du temps a décidé de passer directement de Windows XP à Windows 7.

Un environnement favorable à l’arrivée de Windows 7

A la différence du contexte accompagnant l’arrivée de Vista fin 2006, la plupart des PC en service aujourd‘hui disposent des ressources matérielles suffisantes pour faire tourner convenablement Windows 7.

Il faut dire que nouvelle cette version a le bon goût (une première dans la longue histoire de Windows) de ne pas exiger de ressources matérielles plus importantes que son prédécesseur. Non seulement une machine capable de supporter Vista (et elles le sont désormais pour la plupart) sera en mesure de faire tourner Windows 7, mais ce dernier offrira un degré de performances plus élevé, une plus grande fluidité et une ergonomie supérieure comparé à Vista.

Depuis deux ans que Vista est sur le marché, les nombreux problèmes que ce système a rencontrés lors du lancement ont eu le temps d’être adressés et l’écosystème Windows sera fin prêt au moment du lancement de Windows 7.

Windows XP arrive en fin de vie, le support « principal » de ce système expirant en Avril de cette année, seuls les problèmes de sécurité seront adressés pour les entreprises et les particuliers qui ne bénéficient pas d‘un support étendu (mais payant), support étendu qui arrivera lui-même à expiration en 2014.

Il est grand temps pour de nombreuses entreprises de mettre à jour leur parc, ne serait ce que pour éviter d’avoir à encore formater les disques de leurs nouvelles machines à la seule fin d’installer une version de Windows qui approche les dix ans.

Si une migration en masse des parcs de PC vers Windows 7 représente le scénario le plus vraisemblable, il est probable que peu de DSI aient réellement mesuré toutes les conséquences de cette migration.

Deux versions « au choix » : Windows 7 Professionnel et Windows 7 Entreprise

A l’instar de Vista et contrairement à Windows XP, Windows 7 pour l’entreprise sera disponible en deux versions : une version « Professionelle » et une version « Enterprise ».

La première sera accessible à quiconque en OEM, la seconde nécessitera la souscription de la software assurance sur le poste de travail, c’est-à-dire le règlement d’une redevance annuelle dont le montant varie avec le type de contrat et le volume de postes concernés.

Pourquoi il sera difficile d’échapper à la version Enterprise de Windows 7

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Comme rappelé ci-dessus, Microsoft avait introduit avec le lancement de Vista une version « Entreprise » qui ajoutait une nouvelle référence destinée aux grandes sociétés, là où Windows XP se contentait d’une unique version « Professionnelle ».

Contrairement à Vista Professionnel, Vista Entreprise est réservée aux seules entreprises ayant souscrit un contrat de maintenance pour les postes de travail concernés.

Cette version Entreprise de Vista comprend un certain nombre de fonctionnalités additionnelles, plus ou moins utiles suivant les sociétés, comme le pack multi-langues, le droit de faire tourner jusqu’à quatre instances de Windows dans des machines virtuelles et surtout BitLocker, un service permettant de chiffrer les données du disque dur en évitant qu’un portable perdu ou volé ne donne accès aux données confidentielles qui peuvent y être stockées.

Au-delà de ces fonctionnalités additionnelles, ce contrat de maintenance, plus connu sous le nom de SA, apporte des droits supplémentaires comme le droit de downgrader la version de Windows installée au-delà de la version précédente (pour faire tourner Windows 2000 au lieu de Vista par exemple) mais surtout la SA représente le seul moyen de pouvoir licencier une offre appelée MDOP (Microsoft Optimization Destkop Pack).

Le MDOP de Vista incluait plusieurs composants destinés à faciliter la gestion de parcs importants de PC. L’application phare de MDOP était App-V (ex SoftGrid), un outil permettant de déployer une application sans devoir l’installer au sens traditionnel du terme. App-V permet également d’isoler l’exécution d’une application du reste des programmes s’exécutant sur la machine, de façon à supprimer les problèmes d’incompatibilité applicative.

App-V et BitLocker représentaient les deux raisons principales qui pouvaient pousser une entreprise à souscrire à la SA, en dehors bien sûr des entreprises qui avaient l’intention de mettre à jour régulièrement la version de Windows de leurs postes de travail.

Pour Microsoft, l’objectif recherché est de faire croître la proportion des licences Windows qui sont assujetties à un contrat de maintenance, à l’instar de ce qu’il a réussi à réaliser avec son offre serveur et dans une moindre mesure avec Office.

Compte tenu de l’échec de Vista sur le segment des entreprises, le succès de cette stratégie a jusqu’ici a été difficile à mesurer, ce qui n’empêche pas l’éditeur de réitérer avec Windows 7, avec des arguments qui cette fois ci seront plus difficiles à écarter.

Les fonctionnalités supplémentaires de Windows 7 Entreprise

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Ces fonctionnalités additionnelles sont au nombre de sept : DirectAccess, BranchCache, Enterprise Search Scopes, BitLocker et BitLocker To Go, AppLocker, VDI et le démarrage à partir d’un fichier VHD.

Sans entrer dans une description détaillée de chacun de ces services, quatre d’entre eux ont le potentiel de devenir incontournables pour un grand nombre d’entreprises.

DirectAccess, utilisé conjointement avec Windows Server 2008 R2, promet d’apporter un accès sécurisé aux données de l’entreprise, indépendamment du fait que le poste de travail soit à l’intérieur ou à l’extérieur du périmètre de sécurité de l’entreprise.

Si l’utilisateur est à l’extérieur de l’entreprise, DirectAccess lance automatiquement une connexion de type VPN, mettant en place un accès bi-directionnel sécurisé de façon transparente pour l’utilisateur.

Cet accès permet au collaborateur d’accéder aux mêmes ressources que celles qu’il utilise en étant dans les murs de l’entreprise, mais permet également aux applications de management de se connecter au poste de travail pour une gestion à distance comprenant l’installation de patches de sécurité si nécessaire.

Concrètement, le déploiement de ce service permet un accès transparent aux ressources de l’entreprise, quel que soit l’endroit où se situe le collaborateur, ce qui supprime la nécessité de déployer un VPN et rend l’accès en tous lieux plus simple et plus ergonomique pour les utilisateurs.

BitLocker et BitLocker To Go sont des déclinaisons de la technologie de chiffrement introduite avec Vista. La version Windows 7 et en particulier BitLocker To Go permet de chiffrer tout volume attaché à un portable, et notamment les disques amovibles ou les clés USB, ce qui devrait encore renforcer l’attrait de cette technologie de sécurisation.

Enterprise Search Scopes a pour objet d’intégrer tout site interne ou externe dans les résultats d’une recherche initiée depuis le poste Windows 7. On peut imaginer de paramétrer le moteur de recherche d’un collaborateur en y intégrant ses sites SharePoint habituels, le portail de l’entreprise ou encore un site externe d’une entreprise cliente. Cette intégration une fois réalisée, toute requête entrée par l’utilisateur donnera un accès automatique aux données de ces ressources externes en complément des résultats présents sur la machine locale. Compte tenu du succès de SharePoint dans de nombreuses entreprises, il va être difficile de se passer d’une intégration susceptible d’éviter de nombreuses manipulations superflues à la plupart des utilisateurs.

Applocker enfin permet à l’administrateur système de spécifier dans le détail les applications et les versions de ces programmes dont l’usage est autorisé. On pourra par exemple exclure l’installation de toute version d’Acrobat qui ne soit pas au moins au niveau 8 ou bannir tout simplement une application, qu’elle qu’en soit la version des postes de travails.

Le choix des fonctionnalités ci-dessus est forcément subjectif et on pourra objecter que la mise en place d’une infrastructure VDI ou encore que BranchCache sont des fonctionnalités incontournables dans certains environnements, et on aura raison.

L’idée étant ici de montrer que, contrairement à la situation qui prévalait avec Windows XP et beaucoup plus que pour Vista, les entreprises vont se trouver devant une obligation nouvelle qui consiste à souscrire à la SA pour une partie de leurs postes de travails et notamment leurs portables.

Les nouveaux attraits de MDOP 2009

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Je terminerai en évoquant MDOP 2009, introduit tout récemment, et qui ajoute MED-V (Microsoft Enterprise Desktop Virtualization) aux composants déjà évoqués.

MED-V est une technologie qui permet de faire s’exécuter une machine virtuelle de façon transparente à l’utilisateur, en ne montrant à ce dernier que les applications qui s’exécutent sur cette machine virtuelle.

L’utilisation de MED-V permettra aux entreprises déployant Vista ou Windows 7 de faire s’exécuter des applications incompatibles avec ces OS en s’appuyant sur des machines virtuelles sous Windows XP ou Windows 2000. L’élégance de la solution tient au fait que ces applications sont intégrées au bureau de l’utilisateur et que celui-ci n’a pas conscience d’avoir deux OS s’exécutant simultanément.

Là encore, l’usage de MED-V suppose de licencier MDOP qui lui-même nécessite une souscription de la SA sur le poste de travail.

Pour toutes les entreprises qui ont déployé Windows XP Professionnel et qui s’en étaient trouvés satisfaites, la réalisation que la migration vers Windows 7 va entraîner non seulement une mise à jour du système mais une souscription annuelle quasi incontournable risque d’être une surprise désagréable.

Quand on interroge Microsoft à ce sujet, la réponse de l’éditeur est que sa stratégie consiste à ajouter de la valeur à la SA.

Ce que Microsoft entend sans doute par cette explication laconique c’est qu’en échange d’avancées dans différents domaines (plus grande productivité avec les search scopes, économies sur les déploiements de VPN avec DirectAccess, meilleure sécurité avec Bitlocker, ….), l’éditeur percevra une partie de ces avantages sous la forme de revenus annuels récurrents.

Les chemins de migration vers Windows 7

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Pour les entreprises qui ont déployé ou qui sont en cours de déploiement de Vista, la mise à jour vers Windows 7 devrait représenter une évolution relativement facile, une mise à jour du système étant techniquement possible. La question sera de savoir si l’entreprise dispose des droits (et donc de la SA) lui permettant d’effectuer cette mise à jour ou bien si elle devra racheter ses licences Windows dans le cas contraire.

Pour la grande majorité des entreprises dont le parc tourne sous Windows XP, la migration va poser la question de la compatibilité des machines avec Windows 7 et notamment de l’adéquation des ressources matérielles avec ce nouvel OS. Il faudra évidemment tester la compatibilité applicative qui devrait être de même nature que sous Vista ; en d’autres termes si les applications de l’entreprise sont compatibles avec Vista elles devraient également l’être avec Windows 7, dito pour les drivers.

Une mise à jour en provenance de Windows XP ne sera pas possible et il faudra donc procéder à une installation complète de Windows 7.

Reste la question des licences. Comme la plupart des entreprises obtiennent leurs licences système en même temps que leurs nouvelles machines, on peut s’attendre à une diffusion progressive de Windows 7. A noter toutefois que Microsoft vient d’annoncer qu’il sera licite de downgrader Windows 7 vers Windows XP si nécessaire.

Les entreprises dont les postes de travail sont couverts par la SA pourront mettre à jour leurs postes Windows XP ou Vista en déployant la version Enterprise de Windows 7.

Pour les autres, il faudra soit souscrire un contrat Open portant sur l’ensemble du parc, soit souscrire un Enterprise Agreement en choisissant l’option Windows Upgrade, soit encore souscrire à la SA dans les 90 jours qui suivent l’achat de PC installés avec Windows 7 Professionnel.

Microsoft estime que le déploiement de Windows 7 en entreprise s’effectuera plus rapidement que celui de Windows XP. Il avait fallu deux ans pour migrer 10 % des PC en entreprise vers Windows XP et cinq ans pour cette proportion atteigne finalement les 50 %.

Calendrier probable

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La position officielle est toujours que Windows 7 sera disponible trois ans après Vista, ce qui laisse à l’éditeur une fenêtre de tir allant jusqu’à Janvier 2010.

Au-delà de la position officielle, compte tenu du niveau de finition de la beta I mise à disposition en Janvier et ayant eu l’occasion de travailler sur différentes compilations intermédiaires qui ont suivi, il me parait difficile d’imaginer qu’il faille encore six mois pour finaliser Windows 7. Selon une fuite (volontaire ?) en provenance de Microsoft, une release candidate devrait être mise à la disposition de tous les testeurs, y compris du grand public, à la fin du mois de Mai.

Microsoft de surcroit prépare des programmes de mise à jour pour les PC achetés à partir de Juillet 2009, ce qui laisse à penser que la date de disponibilité n’est pas plus éloignée que trois mois.

Bref, tout laisse à penser que Windows 7 sera lancé en 2009, la question étant de savoir si le lancement interviendra pour la rentrée ou pour les fêtes de fin d’année. Je pencherai personnellement pour la seconde hypothèse.

L’impact de Windows 7 sur l’avenir de Microsoft

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Avec le lancement de Windows 7, Microsoft met en jeu sa crédibilité et sa réputation qui ont tous deux pâtis des déboires de Vista ces dernières années.

Les conséquences de l’échec de Vista ont été jusqu’ici relativement limitées du fait de l’inertie de l’écosystème PC et de l’absence d’une alternative viable à Windows pour le marché grand public comme pour celui de l’entreprise. Les incursions d’Apple restent circonscrites au segment haut de gamme des PC pour le grand public et Linux semble avoir laissé sa chance de représenter une alternative à Windows sur le segment des Netbook.

Un second échec consécutif de Microsoft sur le poste de travail aurait des conséquences autrement plus dommageables pour l’éditeur et Microsoft fera tout ce qui est en son pouvoir éviter un tel scénario et faire oublier au plus vite l’impair représenté par Vista.

Un succès de Windows 7 permettrait à Microsoft de conforter son écosystème plus ou moins ébranlé par les échecs de son chef de file. Les OEM en particulier sont particulièrement dépendants du succès de Windows 7 pour relancer leurs ventes, notamment sur le marché de l’entreprise. Un succès populaire de Windows 7 dissuaderait certains OEM d’investir dans des offres à base de Linux.

Si, comme Microsoft l’espère, Windows 7 est massivement adopté par les entreprises, ce déploiement entraînera à son tour la mise à jour d’Office dans un grand nombre de comptes mais également le déploiement de Windows Server 2008 R2 (qui devrait être disponible quasi simultanément à Windows 7) et dont les services sont requis pour mettre en œuvre certaines fonctionnalités de Windows 7 comme DirectAccess.

Une adoption massive de Windows 7 aurait également pour conséquence de redonner du lustre à la plateforme Windows et ainsi de relancer le développement d’applications qui exploitent les caractéristiques de cette plateforme comme WPF par exemple, applications natives qui ont fait défaut à Vista. L’usage d’Internet Explorer pourrait également redécoller, cette version étant intégrée dans Windows 7 par défaut, même si Microsoft a pris soin de rendre désinstallable son navigateur. Reste à voir la position que prendra la commission européenne à ce sujet.

Un succès de Windows 7 comparable au lancement de Windows 95 permettrait à Microsoft de se refaire une santé financière (avec notamment les mises à jour de Windows XP), de réaffirmer la proéminence du PC sur les différentes alternatives qui se sont manifestées et enfin de réaffirmer sa position de leadership dans l’industrie.

9 avril 2009 Posted by Hugo Lunardelli | Analyse | one comment

One Response to “Dossier Microsoft 2009 – Deuxième Partie : Windows 7, à la reconquête du terrain perdu.”

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