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blog-thing : Dossier Microsoft 2009 – Troisième Partie : Windows Server ou la longue marche de Microsoft à la conquête du Datacenter

             A propos de Microsoft et d’autres sujets …

Informations et analyse de la stratégie de l’éditeur


Dossier Microsoft 2009 – Troisième Partie : Windows Server ou la longue marche de Microsoft à la conquête du Datacenter

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Ce second volet du dossier Microsoft 2009 sera consacré à l’analyse de l’offre d’infrastructure système et réseau de Microsoft.

Pour prendre la mesure du rôle que joue la division « Server & Tools » dans la stratégie de Microsoft, revenons quelques semaines en arrière et rappelons que pour la première fois de son histoire, l’éditeur publiait des résultats en baisse de 32 % pour le troisième trimestre de son année fiscale 2009.

Ce qui frappe à la lecture de ces résultats c’est le fait que les choses auraient pu être pires encore, n’eussent été les très bons résultats affichés, une fois de plus, par cette division « Server & Tools » en charge notamment de Windows Server, de la gamme System Center, de SQL Server ainsi que de Visual Studio. Cette division enregistrait en effet un résultat en hausse de 7 % à 3,47 milliards de dollars, soit 25,4 % des revenus de Microsoft sur cette période.

Une autre première, un peu passé inaperçue, est que cette division affichait un résultat supérieur à celui de la division client, c’est-à-dire que pour la première fois dans l’histoire de l’éditeur les revenus de Windows Server, System Center, … dépassaient les revenus OEM découlant de la vente de licences Windows qui décroissaient de 16 % sur cette même période.

La performance de la division « Server & Tools » constitue un indicateur intéressant à considérer pour mesurer la pénétration de Microsoft en entreprise.

· La plupart des grandes et moyennes entreprises s’appuient sur Active Directory pour authentifier leurs utilisateurs et gérer les droits d’accès aux ressources, ce qui fait de Windows Server le socle de facto de la grande majorité des systèmes d’information.

· Windows Server constitue le terreau sur lequel se sont développés SharePoint, Exchange, SQL Server et Communications Server mais aussi l’offre Dynamics.

· Si l’on ajoute que les offres de support Premier et Professional et que MCS, la branche consulting de l’éditeur, appartiennent également à cette division; on mesure l’importance stratégique que revêt « Server & Tools »  pour aider Microsoft à conquérir le marché de l’entreprise dont dérivent l’essentiel de ses revenus.

Gagner le datacenter

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Comme aime à le rappeler Steve Ballmer, lorsqu’il s’adresse aux analystes pour défendre ses efforts de diversification dans les services en ligne, les consoles de jeux, …, Microsoft est une société qui investit sur le long terme à l’instar du marché de l’entreprise que l’éditeur aura mis plus d’une décennie à conquérir.

Les débuts des efforts de Microsoft sur ce marché remontent en fait à la fin des années 80 avec les premières offres réseau et bases de données.

Vingt ans plus tôt, Microsoft travaillait avec IBM, Ashton-Tate (l’éditeur défunt de dBASE) et Sybase pour introduire LAN Manager et SQL Server tous deux basés sur OS/2. Ce système, aujourd’hui disparu, était développé conjointement avec IBM avant que Microsoft ne décide de rompre avec ce dernier en faisant cavalier seul et en développant son propre OS « avancé » dont la première incarnation devait voir le jour en 1993 sous le nom de Windows NT.

Si LAN Manager devait rencontrer un certain succès auprès des grands comptes, notamment du fait du support d’IBM, cette offre n’a jamais sérieusement pu rivaliser avec le succès de Netware de Novell qui régnait en maître sur le marché du réseau local.

Les choses devaient commencer à évoluer avec l’arrivée de Windows NT qui, contrairement à Netware, représentait un système d’exploitation capable non seulement de gérer le partage de ressources d’un réseau local mais pouvait également supporter l’exécution d’applications de production (SQL Server bien sûr mais aussi Lotus Notes, Oracle, Exchange, …). La stratégie de Microsoft pour conquérir ce marché consistait classiquement à inciter les éditeurs à porter leurs applications sur Windows NT et par exemple à convaincre SAP de proposer une version de son ERP sur cet environnement.

En parallèle, Microsoft introduisait régulièrement de nouvelles versions de son offre serveur (Windows NT 4.0, Windows Server 2000, 2003 et plus récemment 2008) en y ajoutant progressivement de nouveaux services réseau (Active Directory notamment en 2000) pour rattraper et finalement marginaliser Netware.

Windows Server, à travers ses différentes déclinaisons, est devenu la plateforme la plus répandu en PME (avec Small Business Server) tout comme en entreprise.

En tant qu’outil d’infrastructure destiné à supporter le système d’information (via l’annuaire Active Directory), Windows Server n’a pas de véritable rival sur le marché. Seul Samba, un clone Open Source de Windows Server, essaye de rivaliser sur ce terrain avec une pénétration des plus réduites et une offre fonctionnellement beaucoup plus limitée.

La véritable concurrence à Windows Server en entreprise se situe sur le marché des serveurs applicatifs en général et des serveurs de virtualisation en particulier. Sur ce créneau, Linux et les OS de constructeurs dérivés d’Unix (HP-UX, AIX, Solaris, …) continuent à peser d’un poids considérable dans les dépenses d’équipement des entreprises et il va sans dire que Microsoft aimerait pouvoir développer ses parts de marché au détriment de ces alternatives.

La stratégie de Microsoft visant à faire de Windows Server la plateforme du datacenter de l’entreprise s’articule sur trois axes :

  • Le développement avec Windows Server 2008 (et bientôt avec la R2 de ce produit) de services d’infrastructure et notamment des services de virtualisation
  • La montée en puissance de l’offre System Center
  • L’extension de la gamme Windows Server pour toucher de nouveaux marchés

Windows Server 2008 et Windows Server 2008 R2

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La sortie de la dernière version de Windows Server remonte à février 2008 et succédait à Windows Server 2003 qui équipe aujourd’hui un peu plus de 50 % des serveurs x86 du marché français.

Bien qu’apportant un grand nombre de nouveautés fonctionnelles par rapport à son prédécesseur (Server Core, PowerShell, Clustering amélioré, …), l’arrivée de Windows Server 2008 a surtout été marquée par l’inclusion (quoique différée) d’Hyper-V, le premier hyperviseur de Microsoft destiné à contrer VMware sur le marché de la consolidation des serveurs.

Selon Microsoft, le cru Windows Server 2008 rencontre un succès notable, caractérisé par un déploiement environ deux fois plus rapide que son prédécesseur à ce stade du cycle de vie des produits.

Microsoft s’apprête à enfoncer le clou en annonçant la disponibilité en Octobre 2009 de la « Release 2 » de Windows Server 2008, c’est-à-dire en organisant un lancement conjoint de cette nouvelle version avec Windows 7 avec lequel il partage le même noyau.

L’éditeur se défend d’introduire une version mineure avec la « R2 ». En fait, Microsoft a failli appeler cette version « Windows 7 Server » avant de décider de respecter sa convention de nommage qui stipule qu’une version introduite deux ans après une release majeure soit affectée du label « R2 ».

Windows Server 2008 R2 constituera la première version de Windows Server livrée uniquement en 64 bits, rejoignant ainsi Exchange 2007, Communications Server 2007 R2 et à terme tous les autres produits serveurs dans l’arrêt du développement de versions 32 bits.

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Le lancement simultané de cette version avec Windows 7 n’est pas sans évoquer le lancement neuf ans plus tôt de Windows 2000 server et de Windows 2000 client.

Surfer sur la vague Windows 7

Microsoft compte s’appuyer sur l’arrivée de Windows 7 pour inciter ses clients à déployer simultanément Windows Server 2008 R2 en communiquant sur le thème « better together ».

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De fait, Windows Server 2008 R2 comprend un certain nombre de fonctionnalités significatives qui nécessitent le déploiement de Windows 7 et notamment de sa version « Enterprise » pour pouvoir être mises en œuvre (voir le premier volet de ce dossier consacré au poste client : http://www.netetcom.fr/blog/dossier-microsoft-2009-deuxime-partie-windows-7-la-reconqute-du-terrain-perdu/)

Les deux fonctionnalités essentielles de Windows Server 2008 R2 justifiant d’un déploiement conjoint avec Windows 7 sont DirectAccess et BranchCache.

DirectAccess vise à rendre inutile le déploiement d’un VPN pour permettre aux utilisateurs itinérants de se connecter aux ressources du système d’information. Microsoft promet l’ubiquité des connexions professionnelle en assurant que toute liaison Internet permettra d’avoir un accès transparent aux données et applications de l’entreprise.

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Ce service ne sera malheureusement accessible qu’aux postes équipés de Windows 7 (édition Enterprise), les postes Vista ou Windows XP devant recourir à des outils complémentaires (IAG, installation d’un VPN) pour pouvoir bénéficier de fonctionnalités comparables. A noter que ce service fonctionnera en IPV4 tout comme en IPV6.

BranchCache permet quant à lui d’optimiser l’utilisation de la bande passante dans un contexte de réseau d’agences (Branch). Ce service consiste à « cacher » sur un poste Windows 7 (ou un serveur local) les fichiers les plus utilisés permettant d’accélérer les temps d’accès, après un premier chargement, et de réduire ainsi les débits WAN.

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Hyper-V V2, la véritable réponse à VMware

La virtualisation est certainement un phénomène dont l’importance stratégique a initialement échappé à Microsoft. En se contentant il y a quatre ans, avec Virtual Server, d’une offre de virtualisation reposant sur des techniques d’émulation logicielle, l’éditeur laissait le champ libre à VMware qui offrait un hyperviseur beaucoup plus performant et fonctionnellement plus riche.

Finalement conscient du danger que constituait l’abandon de ce marché, Microsoft réagissait en mobilisant ses ressources, en procédant à un certain nombre d’acquisitions stratégiques (Connectix, Softricity, Calista, …) et en étendant son partenariat avec Citrix pour proposer une offre de virtualisation complète couvrant le poste client comme le serveur.

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Hyper-V, représente l’hyperviseur de Microsoft destiné à contrer les avancées de VMware. Si la première version d’Hyper-V ne fût disponible que quelques mois après le lancement de Windows Server 2008, la version 2 de cet hyperviseur sera directement intégrée dans Windows Server 2008 R2.

Hyper-V V2 apporte notamment le service de migration instantanée appelé Live Migration qui représente l’équivalent de VMotion de WMware. D’autres évolutions permettent l’ajout et la suppression à chaud du stockage ou encore un gain de performances lié au support de 64 processeurs logiques.

Avec Hyper-V V2, Microsoft peut finalement se positionner en alternative à l’offre de VMware en misant sur un différentiel de coût, à niveau de service comparable, qui devrait inciter nombre de DSI à étudier de près l’offre de Microsoft.

De fait, Microsoft se targue d’un certain nombre de « winbacks », c’est-à-dire de projets initialement déployé en environnement ESX qui ont basculé vers Hyper-V. Le patron de « Server & Tools », Bob Muglia déclarait récemment “Now, every single day that goes by, we are gaining share against VMware.” Sur le marché français, Microsoft avance un certain nombre de références et notamment Bouygues construction, Oberthur ou encore Arval une filiale de la BNP.

L’éditeur mise sur la gratuité de son hyperviseur, sur la possibilité de gérer des environnements mixtes VMware et Microsoft avec son outil de supervision Virtual Machine Manager, pour amener progressivement les entreprises ayant déployé ESX à considérer Hyper-V pour leurs nouveaux projets, puis à convertir les installations existantes.

De fait, pour une entreprise qui a standardisé son infrastructure réseau sur Windows Server, il est tentant de vouloir consolider le nombre de ses fournisseurs, surtout si le fournisseur stratégique dispose finalement d’une offre équivalente à un coût inférieur à celui des alternatives.

La virtualisation représente un axe fondamental de la stratégie de l’éditeur visant à apporter à Windows Server la légitimité qui lui est nécessaire pour supporter le datacenter de l’entreprise.

Laisser le champ libre à VMware eût signifié accepter de marginaliser Windows Server au profit d’un hyperviseur tiers. Avec Hyper-V et notamment la version 2, Microsoft reprend en main le contrôle de sa destinée.

Plus de puissance pour supporter les applications critiques

La liste des évolutions de Windows Server 2008 R2 ne s’arrête pas à la synergie avec Windows 7 et aux nouveautés d’Hyper-V V2.

Microsoft annonce le support de 256 cœurs réparti sur 16 processeurs pour une meilleure montée en charge des performances du système.

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A cette rapide description on ajoutera une nouvelle version de PowerShell, les évolutions et le rebranding de Terminal Services qui s’appellera désormais RDS pour Remote Desktop Services, une nouvelle console d’administration intégrant des « best practices », le tout représentant une version de Windows Server qui aurait sans doute mérité mieux que le qualificatif « R2 ».

La montée en puissance de System Center

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L’administration des applications critiques, tout comme celle des serveurs de virtualisation, représente un aspect essentiel dans la stratégie de Microsoft pour conquérir le datacenter.

Le management du datacenter, dans l’offre de l’éditeur, appartient à la gamme System Center (SC).

Cette famille de produits a été introduite en 2007 en rebaptisant des produits tels que SMS (devenu SC Configuration Manager) et MOM (désormais appelé SC Operations Manager) qui bénéficiaient déjà d’une bonne popularité. L’offre System Center s’est depuis élargie avec de nouveaux composants : Data Protection Manager, Virtual Machine Manager ou Essentials entre autres.

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Le spectre fonctionnel de la gamme System Center

La gamme System Center a pour objectif, selon Microsoft, de contribuer à la vision d’un datacenter dynamique qui optimise et automatise l’utilisation des ressources IT de l’entreprise.

L’offre System Center entre en compétition avec les offres de management d’IBM, d’HP, de CA et de BMC tout en ayant un focus différent qui repose logiquement sur la gestion d’une infrastructure à base de serveurs Windows. Selon Microsoft, la gamme System Center occupe la troisième place des offres de management sur le marché avec 55 % des entreprises utilisant un ou plusieurs composants de cette famille.

La roadmap de Microsoft vise à étendre les services de System Center en direction d’autres environnements système (AIX, HP-UX, Suse, Solaris, Red Hat), applicatif (Apache, MySQL, …), à remonter des informations vers des consoles de supervision tierces (OpenView et Tivoli) mais aussi, avec des extensions « cloud computing », à la prise en compte de contextes d’exploitation émergents qui verront des applications « on premise » cohabiter avec des services hébergés dans des clouds privés comme publics.

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La roadmap de l’offre System Center présentée lors du Microsoft Management Summit de Mai 2009

Lors du Management Summit 2009 qui se tenait fin Avril à Las Vegas, Microsoft présentait les évolutions à moyen terme de son offre en démontrant SC Virtual Machine Manager R2 (SCVMM) destiné à gérer Hyper-V R2 et notamment le service Live Migration.

L’éditeur démontrait également pour la première fois, la possibilité future d’affecter dynamiquement des applications de production à des ressources serveurs, de façon très similaire à ce que l’éditeur appelle virtualisation applicative dans App-V (ex SoftGrid).

SCVMM joue un rôle particulier dans la stratégie de l’éditeur. Ce produit permet une gestion des machines virtuelles s’exécutant sur Hyper-V mais également sur l’offre de VMWare ou d’autres hyperviseurs.

En utilisant un outil multi-fournisseurs de gestion des machines virtuelles, indépendant de la plateforme d’hypervision, Microsoft espère convaincre les entreprises de déployer leurs nouvelles machines virtuelles sur Hyper-V et à terme faire basculer les environnements VMware.

L’éditeur met en avant les économies réalisées en utilisant son offre (Hyper-V est gratuit) ainsi que les gains de productivité qui résultent de l’usage d’une même solution (System Center) pour la gestion de serveurs physiques, virtuels comme hébergés.

Le Management Summit 2009 était également l’occasion pour Microsoft de présenter SC Service Manager, une nouvelle offre « Help Desk » destinée à automatiser la gestion des incidents ainsi qu’à gérer la gestion des configurations et des changements en s’appuyant sur la gestion de ces services définie dans ITIL.

Enfin, l’éditeur présentait Online Desktop Manager, une nouvelle offre de services hébergée permettant d’externaliser la gestion des postes de travail pour des tâches telles que la mise à jour logicielle, la distribution de patchs de sécurité ou l’inventaire logiciel.

La fin de l’année 2009 et le début 2010 verront l’arrivée d’un grand nombre de nouvelles versions ou de nouveaux produits de la gamme System Center qui conforteront la position de Microsoft sur le marché de la supervision de systèmes tout en poussant la plateforme Windows Server.

Le développement de la gamme Windows Server

Dernier axe de cette stratégie, le lancement de nouvelles versions destinées à adresser des marchés spécifiques. On citera notamment Windows HPC Server, Windows Essential Business Server, Windows Home Server et Windows Server Foundation.

  • Windows Essential Business Server vise le marché des PME à la recherche d’une plateforme intégrée, simple à administrer comme à maintenir, pour un prix attractif. Cette offre s’adresse aux entreprises dont le parc comprend entre 50 et 300 PC et qui ne peut donc se satisfaire de l’offre Small Business Server limitée à environ 50 postes.
  • Windows Server Foundation est une offre réseau destinée aux petites structures, comprenant au plus 15 postes, mais aussi destinée aux pays émergents. Son coût particulièrement étudié est destiné à concurrencer les solutions serveur d’entrée de gamme basées sur Linux, de façon analogue au rôle que joue Windows XP sur le marché des notebook.
  • Windows Home Server représente la version « domestique » de Windows Server. Introduite par Bill Gates lors du CES de 2007, cette version est basée sur Windows Server 2003, une nouvelle version tirant parti de Windows Server 2008 étant attendue l’année prochaine.
  • Windows HPC (High Performance Compuring) est un environnement destiné à supporter l’exécution d’applications sur un grand nombre de processeurs ou de machines en parallèle. Supporté par de nombreux OEM traditionnels (Dell, HP, IBM, …) mais également par des acteurs spécialisés comme Cray Computer, cette version a surtout pour objectif de valider les capacités de montée de Windows Server et donc d’accélérer le déploiement d’applications critique de plus en plus lourdes sur cette plateforme.

Ces différentes versions de Windows Server, ajoutées aux versions traditionnelles (Windows Server Standard, Entreprise et Datacenter, Small Business Server) constituent une gamme de produits adressant désormais la plupart des marchés.

Perspectives

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Les succès passés de la division « Server & Tools » ne mettent pas nécessairement Microsoft à l’abri d’un retournement de tendance du marché, pas plus que des soubresauts que traverse l’économie mondiale.

L’étude que vient de publier IDC portant sur les ventes de serveurs au premier trimestre 2009 montre un effondrement de 25 % revenus de ventes de serveurs, toutes catégories confondues, retournement qui affecte également les ventes de Windows Server. Là ou la plupart des observateurs s’étonnaient, il y a juste quelques mois, de voir les ventes de serveurs continuer à se développer malgré le boom de la virtualisation ; le retournement vient de s’opérer et il est brutal.

Microsoft peut malgré tout compter sur un filet de sécurité qui repose sur la proportion que représentent les contrats pluri annuels couvrant les produits de cette division. Plus de 65 % des revenus de « Server & Tools » proviennent de la souscription de la SA (Software Assurance), ce qui isole en partie les revenus de cette division des fluctuations du marché.

A titre de comparaison, les revenus de la division client (Windows sur le poste de travail) découlent à 80 % des licences OEM, ce qui explique la brutalité du plongeon des revenus de cette division, les retournements d’activité se traduisant immédiatement sur les résultats.

A ce sujet, Microsoft a fait en sorte qu’avec Windows 7, une proportion d’entreprises beaucoup plus importante que par le passé soient amenées à souscrire à la SA comme expliqué dans le premier volet de ce dossier consacré au poste de travail. Si Microsoft arrive à ses fins, les revenus de sa division client seront progressivement lissés dans le temps, tout comme dans le cas de la division « server & tools ».

Le marketing de Microsoft France notait il y a quelques mois que les ventes de Windows Server enregistraient une progression à deux chiffres malgré la décroissance du marché. Il soulignait que le rythme de mise à jour des versions antérieures (Windows Server 2000 et 2003) vers Windows Server 2008 était le plus rapide jamais enregistré, deux fois plus rapide comparé à Windows Server 2003.

L’arrivée simultanée de Windows Server 2008 R2 et de Windows 7 est de nature à conforter cette tendance en accélérant la migration des infrastructures Windows XP et Windows Server 2003 vers ces nouvelles versions.

Le pronostic à court et moyen terme reste favorable concernant les ventes de solutions d’infrastructure Microsoft. La mise sur le marché régulière de nouvelles versions de Windows Server, les évolutions de System Center, les progrès de l’offre de virtualisation, la prise en compte du cloud computing et des environnements hébergés (du type MOS), tous ces facteurs concourent à renforcer la position de Microsoft en entreprise.

Dans tous les cas de figure, Linux et Windows Server devront cohabiter dans la plupart des datacenters. Dans cette hypothèse, Windows Server restera vraisemblablement la plateforme dominante grâce à l’offre System Center qui permet de gérer l’infrastructure Windows mais également les serveurs Linux. A contrario, la pénurie d’outils de supervision pour Linux relègue ces serveurs à un rôle de second plan.

12 juin 2009 Posted by Hugo Lunardelli | Analyse | one comment

One Response to “Dossier Microsoft 2009 – Troisième Partie : Windows Server ou la longue marche de Microsoft à la conquête du Datacenter”

  1. Bonjour Hugo - Le grand mérite de tes récents articles sur Windows 7, Windows Mobile, BPOS et maintenant Windows Server, en plus de la clarté, est la mise en perspective des développements puis des versions finales des produits “desktop”, “PDA/Smartphones” et “servers” de Microsoft. Cela permet d’apprécier le pourquoi du comment de telle ou telle orientation prise par l’éditeur (concurrence, vision ou bien législation) avec l’analyse du succès et de l’échec de celles-ci. Je “bookmarke” ! A bientôt. Jean-Christophe

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