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blog-thing : La bataille du poste client, round II : Silverlight ou la riposte RIA de Microsoft

             A propos de Microsoft et d’autres sujets …

Informations et analyse de la stratégie de l’éditeur


La bataille du poste client, round II : Silverlight ou la riposte RIA de Microsoft

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C’est peu dire que de souligner l’impact que le Web exerce sur l’architecture du poste client depuis maintenant une décennie.

Après une quinzaine d’années de domination sans partage (grosso modo de 1981 à 1996), le poste client « riche » (que certains n’hésitaient pas à qualifier d’obèse) à vu son hégémonie progressivement remise en cause par la nouvelle vague des applications Web.

Accompagnant la montée en puissance de l’usage d’Internet, ces applications Web - hébergées par les serveurs et s’exécutant au sein des navigateurs - se sont multipliées, gagnant progressivement en sophistication, devenant de plus en plus multimédia et interactives pour constituer au bout du compte une classe d’applications à part entière coexistant avec les applications natives installées « en dur » sur chaque PC.

La multiplication de ces applications a amené quelques observateurs à prédire la disparition inéluctable des applications natives au bénéfice d’applications qui s’exécuteraient exclusivement sur la toile, i.e le « cloud computing ».

Cette prédiction est généralement le fait des supporters d’un modèle applicatif appelé SaaS pour « Software as a Service » prôné notamment par Google, Salesforce, Netapp, Zoho et un grand nombre d’acteurs moins connus. Microsoft réfute pour sa part cette analyse et met en avant sa vision « Software + Services » consistant à augmenter les capacités des applications natives en y intégrant des services Web. Le meilleur exemple de cette stratégie étant Office Live Workspace qui vient ajouter des services de partage et de collaboration Web aux applications Office. (voir à ce sujet le premier volet de cette série : http://http://www.netetcom.fr/blog/la-bataille-du-poste-client-round-i/ )

Ces deux modèles ne couvrent pourtant que les extrêmes d’un continuum qui comprend un élément intermédiaire clé : le RIA pour Rich Internet (ou Interactive) Application, sans compter variantes additionnelles qui feront l’objet d’articles à venir.

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Quatre types d’applications pour un poste client résolument hybride

Le RIA pour repousser les limites du développement Web

Pour comprendre la genèse des plateformes RIA, il faut avoir conscience que toutes les applications Web reposent sur HTTP et HTML, deux technologies initialement conçues pour le transport et l’affichage de données et rien d’autre.

Sur ce socle rudimentaire se sont greffés au cours du temps des extensions permettant de saisir des données et d’alimenter des bases de données (CGI), d’appliquer une présentation homogène aux pages Web d’un site (CSS), de gérer des états transactionnels, de programmer des applications autorisant un certain degré d’interaction au moyen de langages de script (Javascript).

Plus récemment sont apparues des techniques permettant au serveur de rafraîchir certaines portions de pages Web sans nécessiter de devoir recharger la page dans son intégralité (Ajax).

Malgré les progrès réalisés, ces extensions peuvent être qualifiées de « hacks », c’est-à-dire de rustines qui se sont accumulées pour constituer une plateforme de développement fragile et peu productive. Le résultat d’années de bricolage sur le Web est une sorte de chaos à peine contrôlé qu’aucun architecte doté d’un peu de bon sens n’aurait pu concevoir.

Qui plus est, les différences concernant le support par les navigateurs des différentes spécifications Web et notamment de CSS ne garantit même pas qu’une application s’affiche de façon homogène sur toutes les machines.

Et pourtant, cette plateforme bancale représente le modèle de développement dominant du moment.

Dans le même temps, les développeurs de site Web cherchent à se démarquer les uns des autres en mettant en ligne des sites à l’interface toujours plus attrayante, susceptibles de retenir l’attention d’internautes blasés.

Ces développeurs Web se heurtent aujourd’hui aux limites des technologies ci-dessus et sont à la recherche d’environnements de développement basé sur des langages de programmation robustes, fonctionnellement riches, capable d’intégrer simplement toutes sortes de média et s’exécutant de façon homogène sur toutes les plateformes systèmes et tous les navigateurs.

Outre les développeurs du Web, il faut également prendre en compte les besoins applicatifs des entreprises qui souhaitent également tirer parti de la souplesse du modèle Web pour développer des applications spécifiques qui pourront être « consommées » directement depuis le navigateur sans nécessiter d’installation sur les postes utilisateurs.

C’est dans ce contexte que sont successivement apparues deux plateformes qui prétendent renouveler le développement d’applications Web : Adobe Flex et Microsoft Silverlight.

Adobe : de l’animation Web au RIA et au Webtop

Les origines d’Adobe remontent au début des années 80 avec le langage PostScript suivi par des produits destinés aux professionnels du graphisme tels qu’Illustrator ou encore Photoshop. Au début des années 90, Adobe lançait Portable Document Format – plus connu sous l’acronyme de PDF – un format de présentation de données indépendant des applications et de l’OS, devenu le standard de facto puis de jure de l’industrie.

Mais c’est avec le rachat de son principal concurrent Macromedia fin 2005 qu’Adobe devait hériter de Flash et Flex deux technologies qui incarnent aujourd’hui le RIA.

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Flash + Flex + AIR l’offre Webtop d’Adobe

Flash + Flex : le RIA selon Adobe

Avec un taux de pénétration sur les navigateurs estimé à 95 %, Flash est aujourd’hui utilisé par la quasi-totalité des sites Web souhaitant diffuser de la vidéo, à l’instar de Youtube ou de Dailymotion.

Initialement conçu pour de l’animation 2D, Flash a été étendu à la vidéo avant de se voir adjoindre avec Flex un ensemble de technologies de développement plus robustes reposant sur ActionScript, un langage de scripting dérivé d’ECMAScript, MXML un langage déclaratif similaire à XAML de Microsoft servant à modéliser l’interface d’une application et enfin un moteur de Workflow.

Les applications produites via la SDK de Flex s’exécuteront dans le player Flash qui présente la particularité stratégique d’être installé sur pratiquement toute machine connecté à l’Internet.

A titre d’illustration des applications du RIA et de façon à tester de nouveaux modes de commercialisation, Adobe mettait en ligne au début 2008, une version d’évaluation de Photoshop basée sur Flex.

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La version Flex de Photoshop

AIR

Adobe devait enfin introduire AIR (pour Adobe Integrated Runtime) en Janvier 2008, une technologie qui a pour objet de permettre le déploiement d’applications s’affranchissant du navigateur et capables d’interactions avec l’OS du PC comme par exemple l’utilisation du système de fichiers.

Une application développée avec AIR, comme twhirl (un client Twitter), se lance tout comme une application native depuis le disque de la machine mais repose sur HTMC, CSS, Flash et ActionScript et s’exécute indifféremment sous Windows XP, Vista et Mac OS.

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La version « AIR » du client Twitter

La stratégie d’Adobe consiste à évangéliser ses plateformes Flex et AIR, un roadshow développeur est d’ailleurs en cours en Europe, de façon à pousser l’avantage que lui confère l’ubiquité du lecteur Flash et ainsi de faire de ses plateformes et outils de développement les standards incontournables du Web.

Microsoft : Silverlight ou .NET everywhere

Occupé par le développement et la promotion de sa plateforme .NET depuis le début de la décennie, Microsoft a semble t-il négligé le terrain du RIA, si l’on excepte ActiveX la technologie de plug-in pour Internet Explorer aujourd’hui en perte de vitesse compte tenu des problèmes de sécurité qui lui ont été associés.

Microsoft devait finalement réaliser qu’il ne disposait d’aucune technologie Web permettant de développer des applications similaires à ce qu’Adobe permettait de créer avec Flash et Flex et qu’en conséquence .NET risquait de tomber progressivement en désuétude faute de débouchés.

C’est ce constat qui a amené Microsoft à développer une nouvelle plateforme baptisée Silverlight qui fût introduite au printemps 2007 par Ray Ozzie, le successeur de Bill Gates dans le rôle de CSA (Chief Software Architect) de Microsoft.

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Ray Ozzie, CSA de Microsoft

Il est intéressant de noter que le nom Silverlight représente une sorte d’anomalie dans les conventions de nommage de Microsoft.

Initialement développé sous le nom de WPF/E (Windows Presentation Foundation/Everywhere), Microsoft devait finalement introduire sa plateforme sous le nom de « Silverlight » qui présente l’avantage indéniable d’être plus vendeur même si sémantiquement vidé de son contenu. WPF/E présentait l’intérêt d’annoncer la couleur en signifiant qu’il s’agissait d’étendre la portée de WPF, un composant essentiel de .NET 3.0, au-delà de Windows et en direction de Mac OS et de Linux.

Etendre l’écosystème .NET au delà de Windows

Effectivement, avec Silverlight Microsoft ambitionne d’étendre la pertinence de .NET au monde du développement Web et par la même occasion d’ajouter Mac OS et Linux à sa zone d’influence.

De la même façon que Flash chez Adobe, Silverlight se présente sous la forme d’un plug-in intégré au navigateur. Contrairement à ActiveX, Silverlight supporte les principaux navigateurs que sont IE et Firefox sous Windows et Safari sous Mac OS. Une version compatible Linux est en cours de développement chez Novell sous le nom de code Moonlight dans le cadre du projet Mono.

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La version Mac OS X du reader du New York Times basée sur Silverlight

Microsoft annonçait en Mars 2008 qu’il travaillait avec Nokia au support de Silverlight dans certains de ses mobiles sous Symbian OS et qu’il allait également rendre disponible Silverlight pour Windows Mobile, tout en supportant le format Flash pour cette dernière plateforme !

Timing d’introduction

L’introduction de Silverlight s’est faite en deux phases :

Une première phase qui débute avec l’annonce en Mars 2007 de la Bêta de Silverlight 1.0, suivie par la disponibilité de la version finale lors de l’été suivant, visait à établir la crédibilité de l’éditeur et s’adressait en priorité à la gestion de la vidéo. Cette technologie a été essentiellement déployée sur certains sites de Microsoft (Le « download center », le site Channel 9, …) et ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur le Web. Microsoft avance le chiffre de 1.5 millions de téléchargements/jour de Silverlight 1.0, Adobe de son côté parle de 12 millions …

Une deuxième phase, à partir de Mars 2008, voit les débuts de la Bêta 1.0 de Silverlight 2.0 qui devrait être suivie à l’automne par sa version finale. Une version Bêta 2 « Go-Live » pourrait être disponible dans le courant du mois de Juin.

C’est cette deuxième version qui intègre un sous-ensemble de .NET et notamment de WPF et de la BCL (Base Class Library, les librairies du framewok .NET).

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Silverlight 1.0 vs 2.0

Les atouts de Silverlight

La force de la plateforme RIA de Microsoft réside dans la richesse et la maturité de la plateforme .NET sous-jacente comparée à la combinaison Flash / Flex.

Les deux caractéristiques essentielles de .NET tiennent d’une part au nombre et à la diversité des langages de programmation supportés et d’autre part à la qualité des outils de développement disponibles.

Une plus grande souplesse dans le choix du langage

Un des fondements de .NET réside dans la capacité à supporter tout langage respectant la CSL, ce qui comprend plusieurs dizaines de candidats, les plus utilisés étant Visual Basic, C# et JavaScript.

L’ouverture de .NET aux langages dynamiques permet aux bataillons de développeurs PHP, IronPython, IronRuby de s’essayer au développement d’applications Silverlight sans avoir à apprendre un nouveau langage. L’éditeur vient d’ailleurs d’ajouter Ruby on Rails à la liste des environnements supportés par Silverlight.

Microsoft étend ses efforts auprès des utilisateurs de langages dynamiques mais n’oublie évidemment pas de recruter auprès des millions de développeurs.NET en entreprise ; spécialistes VB ou C# et qui constituent un vivier considérable pour le développement d’applications en milieu professionnel.

La productivité de Visual Studio et l’arrivée de la gamme Expression

En facilitant le développement d’applications pour Windows, Visual Studio a beaucoup fait pour le succès de cet environnement et de Microsoft par la même occasion. L’éditeur s’est donc logiquement appuyé sur son IDE en y ajoutant une extension dédiée à Silverlight mais a également développé une nouvelle famille d’outils appelée « Expression » destinée aux designers et développeurs de sites Web.

Les outils de la gamme Expression ont pour objet de travailler sur le design d’un site, son graphisme et ses animations avant que de transmettre le code XAML résultant aux développeurs traditionnels utilisant Visual Studio, programmeurs qui appliqueront la logique métier et les traitements correspondants aux différents éléments du site.

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Une collaboration bidirectionnelle entre développeurs et designers

XAML est un langage déclaratif, basé sur XML, permettant de définir l’interface d’une application. XAML est également utilisé dans WPF ce qui permet de réutiliser un développement Silverlight pour en faire une application .NET 3.0 s’exécutant sous Vista ou XP une fois installé la bonne version du framework.

A noter l’existence d’outils permettant de convertir un projet Illustrator ou Photoshop pour en transposer le contenu dans un outil Expression et in fine récupérer ces éléments dans Visual Studio via XAML.

Microsoft met en avant la facilité de collaboration entre créatifs et développeurs pour avancer l’idée qu’un projet RIA basé sur Silverlight soit plus rapide et moins coûteux.

Fonctionnalités distinctives

Deux fonctionnalités intéressantes de Silverlight 2.0 sont susceptibles d’intéresser les publicitaires et diffuseurs de contenus.

Adaptive Streaming & Progressive Download

Adaptive Streaming concerne la gestion de la bande passante qui permet d’adapter dynamiquement la résolution de la vidéo en fonction de la qualité du réseau. Plutôt que d’arrêter brusquement la diffusion d’une vidéo en cas de congestion soudaine, une application Silverlight sera capable de détecter les variations de débit et basculera dans un mode basse résolution puis reviendra dans la résolution initiale une fois les conditions réseau redevenues normales. Progressive Download permet de surveiller le streaming en temps réel de façon à interrompre un flux vidéo si l’utilisateur ferme la fenêtre à mi parcours, économisant ainsi de la bande passante et de la CPU pour le diffuseur.

DeepZoom

Cette fonctionnalité à pour objet de permettre aux annonceurs de mieux exploiter le portefeuille d’images à leur disposition en apportant une technologie autorisant la mise en valeur de leurs photos. Cette fonctionnalité mise en œuvre dans la section « Memorabilia » du site Hard Rock Café (http://memorabilia.hardrock.com/) permet de zoomer avec un niveau de profondeur inédit en utilisant simplement la molette de la souris. On peut ainsi mettre à disposition des visiteurs du site une vue portfolio agrégée et permettre de descendre en détail sur chaque image affichée. Par exemple, les deux images qui suivent présentent la vue d’ensemble des reliques présentées sur le site du Hard Rock Café, l’image suivante présentant un agrandissement de la guitare pointée par la flèche.

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Vue d’ensemble des images du site

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Un détail d’une des images

Un autre exemple d’utilisation de cette technologie se trouve plus près de chez nous avec le site de Renault consacré à la laguna coupé (http://www.laguna-coupe.com/) ou celui du défi Wind de Gruissan (http://www.gruissan-windsurf.com/defi2008.htm).

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Le site de la Laguna

Deux marchés aux caractéristiques distinctes : Le grand public et l’entreprise

Si le RIA a jusqu’ici essentiellement concerné l’Internet en étant essentiellement déployé sur les sites grand public, de plus en plus d’entreprises se penchent sur cette technologie pour développer une nouvelle génération d’applications professionnelles qui soient à la fois attrayantes, faciles à déployer et ergonomiques.

L’entreprise, terrain de prédilection de Microsoft

Le RIA en entreprise a pour vocation de servir de socle à une nouvelle génération d’applications Web plus attractives et apportant davantage d’ergonomie comparées, par exemple, à de simples formulaires HTML postés sur un intranet. Le type d’applications visées comprend la saisie de rapports d’activité ou de notes de frais, les demandes de congés et plus généralement tous type de formulaires que l’on trouve typiquement en entreprise.

On pense également au elearning ou formation à distance qui profiterait grandement de contenus multimédias riches ainsi que d’une plus grande interactivité de l’interface. Un dernier domaine fréquemment cité concerne la réalisation de tableaux de bord, d’outils de business intelligence dans lesquels la richesse graphique constitue un élément clé de la compréhension des indicateurs présentés.

De l’avis de la plupart des observateurs, c’est sur ce segment de marché que la stratégie de Microsoft a le plus de chances d’être payante puisque l’éditeur pourra s’appuyer sur son écosystème constitué de développeurs maisons, de prestataires et d’intégrateurs tous formés à .NET et Visual Studio. La plupart des entreprises ne disposant pas de compétences en matière de design, elles ne seront pas fermées à l’utilisation d’outils tels qu’Expression Blend ou Design. A ce jour, rares sont les entreprises qui disposent de compétences Flash ou Flex, laissant ainsi le champ libre à Microsoft.

Naturellement, la question reste de savoir si les entreprises adopteront l’approche RIA où si elles se contenteront d’applications reposant simplement sur HTML et Ajax.

Le marché grand public

Il s’agit de la place forte d’Adobe qui équipe sans doute 95 % des Agences Web avec Illustrator, PhotoShop, Acrobat et de plus en plus le SDK Flex. De l’avis des designers, les outils Expression de Microsoft sont encore loin de pouvoir concurrencer ceux d’Adobe et la demande de développement autour de Silverlight restant à ce jour encore marginale, il n’y a aucune raison de penser que les lignes puissent bouger à court terme. Si on ajoute que c’est dans ce milieu que l’on trouve la plus forte proportion de Macintosh, on mesure le chemin que doit parcourir Microsoft.

A contrario, Adobe cherche à recruter des développeurs Flex sachant que la communauté des « Flasheurs » n’est pas naturellement encline à devenir compétente sur ActionScript, ce qui conduit Adobe à devoir recruter dans la communauté des développeurs Java ou PHP.

La nécessaire évangélisation de Silverlight

Compte-tenu des procès dont Microsoft a été l’objet en Europe et aux USA concernant l’intégration d’IE ou de Windows Media Player dans Windows, il n’est pas envisageable pour l’éditeur d’intégrer Silverlight dans Windows, pas plus que d’en faire un téléchargement automatique dans Windows Update ou encore de l’intégrer dans le futur IE 8.

A ce propos pourtant, Microsoft vient d’annoncer un accord avec HP dans lequel le constructeur pré installera la barre d’outils Live Search dans l’ensemble des ses portables à compter de 2009, en remplacement de la barre de recherche de Yahoo. Si l’on considère que cette barre d’outils sera basée sur Silverlight on peut considérer que Microsoft fait d’une pierre deux coups avec cet accord. D’une part Live Search devient le moteur de recherche par défaut et d’autre part Silverlight se voir assurer d’un taux de pénétration conséquent compte tenu des parts de marché d’HP.

Au-delà de cet accord et d’autres partenariats similaires qui pourraient être annoncés (Lenovo a déjà annoncé un tel accord), Microsoft a décidé de mettre les moyens nécessaires pour évangéliser Silverlight.

D’une part via des conférences développeurs comme Mix aux USA et ReMix en France, d’autre part en travaillant en partenariat avec des sites grands publics comme ceux de Quiksilver ou de Lancôme en France , sans oublier le site de Renault mentionné plus bas.

Aux Etats-Unis Microsoft joue gros en entrant en partenariat avec la chaîne NBC qui diffusera en exclusivité sur Silverlight sa couverture des jeux olympiques de Pékin.

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Une maquette du lecteur Silverlight de NBC

NBC prévoit d’offrir 2200 heures de diffusion via Silverlight qui seront visibles en « Live » ou en différé en complément des diffusions télévisées. Le contenu sera disponible à la demande avec la possibilité de suivre plusieurs évènements simultanément ou de choisir l’angle de la caméra chargée de suivre une épreuve. La qualité de la vidéo sera dynamiquement ajustée en fonction des caractéristiques de la bande passante. Le contenu sera indexé pour une recherche plus facile.

Le futur de Silverlight

Microsoft n’a jusqu’ici pas communiqué sur l’après Silverlight. Quelques pistes existent malgré tout à propos de que certains chez Microsoft appellent Silverlight VNext.

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Il s’agira d’une part de fournir les outils permettant de développer rapidement des applications professionnelles en étendant la liste des contrôles de Silverlight avec par exemple l’identification des utilisateurs. Microsoft établit une comparaison avec les évolutions apportées lors de l’introduction de la version 2.0 d’ASP.NET qui apportait, par rapport à la V 1.0, un ensemble de composants prêts à l’emploi ayant pour effet d’accélérer considérablement le développement de sites Web.

Un Silverlight affranchi du navigateur ?

Bien que Microsoft ne souhaite pas s’engager sur cette voie qui pourrait conduire au développement d’un container semblable à AIR d’Adobe, l’éditeur ne dément pourtant pas catégoriquement que Silverlight puisse s’affranchir un jour du navigateur dans lequel il s’exécute, sans préciser pour autant sous quelle forme.

La Mesh connection

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Mesh représente un important développement de la stratégie Microsoft visant à « mailler » (la traduction de Mesh en Français) les différents équipements qu’un utilisateur est susceptible d’employer (PC fixe, portable, mobile, Mac, …) avec le « cloud ». Une des promesses de Mesh consiste à rendre disponibles les données tout comme les applications indépendamment de l’équipement utilisé.

Dans ce contexte, il semble que Silverlight constitue la plateforme de développement idéale puisqu’un run time Silverlight est en cours de développement sur l’ensemble de ces équipements.

Une application Silverlight pourrait ainsi s’exécuter et synchroniser ses données avec le mobile, le portable ou le Macintosh de chaque utilisateur en partant d’un code commun à ces trois plateformes.

Silverlight dans la stratégie Microsoft

Silverlight pose un certain nombre de questions qui ont trait au business model ainsi qu’au rôle stratégique que joue cette technologie pour Microsoft et plus généralement dans la partie de GO qui oppose l’éditeur à Google, Adobe et d’autres acteurs du Web.

Interrogé sur ce point, Microsoft - par la voix de Jakob Harttung de la division développeur de Microsoft France - répond en mettant en avant différentes considérations qui vont de l’autonomie stratégique à l’efficacité dans le développement et enfin à la génération de revenus additionnels liée aux outils de développement ainsi qu’à la vente de serveurs de media.

Autonomie stratégique

L’argument de l’autonomie stratégique découle de la nécessité pour Microsoft de disposer de l’ensemble des technologies nécessaires à la réalisation d’applications Web riches. Qu’il s’agisse d’accéder à la gamme grandissante de services Live, de versions potentielles d’Office en ligne ou encore de se connecter à distance à Exchange, SharePoint sans oublier la gamme Dynamics (ERP & CRM), il paraît inconcevable pour Microsoft de devoir reposer sur des briques externes (Flash …) sur lesquelles l’éditeur ne dispose d’aucun contrôle.

On imagine ce qu’un client Exchange basé sur Silverlight pourrait apporter en termes d’ergonomie comparé au pourtant déjà très bon OWA reposant aujourd’hui sur HTML/Ajax. A titre d’illustration, AOL présentait une version Silverlight de son client email lors de Mix08 et il sera intéressant de voir comment Microsoft lui-même fera évoluer Hotmail ou encore Messenger dans ce domaine.

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Un « skin » de la Bêta du client email d’AOL basée sur Silverlight

En contrôlant Silverlight, Microsoft est également libre d’ajouter toute extension (Cf DeepZoom discuté plus haut) nécessaire au développement de nouveaux formats publicitaires qui pourraient représenter un avantage compétitif sur le terrain de la publicité en ligne.

Efficacité du développement

L’idée de l’efficacité du développement repose sur les gains de productivité qui découlent, en matière de développement d’applications Web, de l’utilisation d’outils communs pour le serveur et le client. Dans ce contexte, les développeurs .NET rompus à ASP.NET, C# et Visual Basic pourront naturellement transposer leur savoir faire dans le développement d’applications clientes riches qui partageront une partie du code avec la composante serveur. A ce sujet, Microsoft présentait il y a quelques mois Volta, un prototype d’environnement de développement basé sur .NET permettant à partir d’une application monolithique, de décomposer automatiquement celle-ci en deux composantes serveur et client, simplifiant considérablement l’architecture des applications distribuées.

Opportunités de revenus

En poussant Silverlight, Microsoft escompte générer des revenus additionnels liés à la vente de Visual Studio et d’Expression Studio qui seraient sinon allés à Adobe ou d’autres acteurs. Sachant que le revenu lié à ses outils de développement dépasse le milliard de $, tout accroissement dans ce domaine est évidemment le bienvenu.

L’autre famille de produits Microsoft qui bénéficiera du développement de Silverlight est représenté par Windows Server.

Le téléchargement ou le streaming de vidéos représente une activité en forte croissance, il suffit de considérer l’utilisation de Youtube ou de Dailymotion pour s’en convaincre.

Jusqu’ici ce marché était totalement contrôlé par Adobe qui commercialise ses serveurs de media et de DRM auprès des diffuseurs. L’édition 2008 de Windows Server (en conjonction avec Internet Information Server 7.0) s’est vu ajouter un rôle de serveur de media qui vise à constituer une alternative économique, capable de supporter des montées en charge importantes, pour faire pièce à l’offre Adobe. Ce sont ces raisons qui ont en partie contribué au choix par NBC de Silverlight comme plateforme de diffusion exclusive des ses webcasts pour les jeux Olympiques. Enfin, ce n’est sans doute pas par hasard qu’Adobe annonçait une réduction majeure du prix de ses serveurs Flash media server à la veille de la disponibilité de Windows Server 2008.

Motivations implicites

Aux éléments ci-dessus présentés par Microsoft, on peut ajouter sur un plan stratégique qu’en l’absence de Silverlight, .NET et Windows risquaient de tomber progressivement dans l’obsolescence étant donné le poids que représente le Web en tant que plateforme de développement. Dans l’hypothèse d’un monde dominé par HTML/CSS/AJAX d’une part et Flash, Flex, AIR, Gears, … d’autre part il ne resterait pas beaucoup de place pour Microsoft !

Du point de vue de Microsoft, Silverlight représente la meilleure option pour non seulement pérenniser .NET mais également étendre sa pertinence à de nouveaux territoires comme Mac OS, Symbian et Windows Mobile et dans une moindre mesure Linux.

Les ambitions nouvelles d’Adobe

Les ambitions d’Adobe ne sont pas moins grandes et l’éditeur californien met les bouchées doubles pour exploiter l’avantage stratégique conféré par l’ubiquité de Flash et freiner autant que possible le développement de Silverlight.

Adobe a ainsi annoncé il ya quelques semaines la version 10 du lecteur Flash et plus récemment Acrobat 9 qui intègre justement le lecteur Flash permettant l’insertion de vidéos dans un document PDF. Acrobat 9 permettra, par exemple, de convertir une présentation PowerPoint incluant vidéos et sections audio, dans un document PDF étendant ainsi l’attrait de ce format.

Certains analystes considèrent que PDF représente de ce fait un concurrent sérieux à OOXML, potentiellement plus dangereux qu’ODF.

Si on ajoute qu’Adobe pousse également son propre lecteur multimédia, qu’il vise avec Project Screen à étendre l’exécution de ses applications à toutes les plateformes supportées par Flash, qu’il est cours de création d’une communauté spécifique avec Adobe ID (je viens de recevoir une invitation à créer un Adobe ID en tant qu’utilisateur enregistré de BuzzWord) et enfin qu’il pousse ses applications Flex (à l’instar de son traitement de texte BuzzWord) en tant que plateforme de collaboration alternative à Google Docs ou Office Live Workspace, on mesure le chemin réalisé par Adobe depuis le rachat de Macromedia et la profondeur de ses ambitions qui l’opposent non seulement à Microsoft mais également à Google.

Veillée d’armes …

Il est difficile de réprimer un sentiment d’étourdissement quand on considère l’accélération soudaine des ruptures technologiques en cours. Les changements de paradigme se multiplient à une vitesse inédite, même et y compris pour les observateurs de longue date de l’industrie IT.

Des lignes d’affrontement se constituent autour des navigateurs (Firefox 3.0 de Mozilla vs. IE 8.0 chez Microsoft vs. Safari d’Apple), du RIA comme décrit ci-dessus, de la virtualisation avec VMware, Citrix et Microsoft, sans oublier le marché stratégique des services Web qui oppose Google, Microsoft mais également Amazon. L’issue de ces batailles influera peu ou prou sur l’architecture du poste de travail dans les années à venir.

Microsoft a pour caractéristique d’être présent sur l’ensemble de ces terrains, ce qui ne lui confère pas pour autant un avantage stratégique si l’éditeur n’est pas en mesure de dégager une synergie entre ses différentes initiatives; le risque étant alors de disperser ses ressources et de perdre successivement ces différents combats (que l’on se rappelle d’une autre bataille opposant les Horaces et les Curiaces).

Avec la multiplication des mutations en cours, il est probable que je serai amené à écrire une « Bataille du poste client, round III, IV, … »

A court terme et pour conclure sur le terrain du RIA, il est probable que les actions de Microsoft et d’Adobe contribueront à une extension de cette architecture plutôt qu’à une victoire sans appel d’une société sur l’autre. Les deux plateformes trouveront sans doute leur place sur des segments de marché différents conduisant ainsi à une concurrence et une émulation mutuelle au bénéfice d’un Web de plus en plus agréable et intéressant à utiliser.

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Pour aller plus loin sur le sujet passionnant du RIA, je suggère la lecture de RIActu, un blog écrit à quatre mains par deux représentants d’Adobe et de Microsoft, notamment Christophe Lauer et Julien Saumande, qui présente avancées et pistes de réflexion dans un bel esprit d’œcuménisme.

3 juin 2008 Posted by Hugo Lunardelli | Analyse | no comments

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