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blog-thing : Windows Azure, l’OS de Microsoft pour le « cloud »

             A propos de Microsoft et d’autres sujets …

Informations et analyse de la stratégie de l’éditeur


Windows Azure, l’OS de Microsoft pour le « cloud »

PDC 2008 II

PDC 2008 : Première journée, l’annonce de Windows Azure

La Professional Developer Conference constitue la manifestation destinée aux développeurs et architectes de systèmes d’information la plus importante de Microsoft. Elle est le lieu où sont présentées en avant première les inflexions stratégiques de l’éditeur, ses nouvelles technologies ainsi que les feuilles de route des composants de son offre système. A ce titre, elle intéresse un public beaucoup plus large que les seuls développeurs et architectes et concerne de fait tous les professionnels cherchant à comprendre l’agenda technique de Microsoft dans les années à venir.

La PDC 2008 fait suite à une longue liste de conférences similaires qui ont jalonnées l’histoire de Microsoft. La première conférence du genre, qui s’appelait Win32 Professional Developer Conference, remonte à 1992 et avait pour objet de servir de rampe de lancement à Windows NT introduit un an plus tard. La PDC de 1997 présentait ce qui allait devenir Windows 2000, celle de 2000 fut la plateforme de lancement de .NET, celle de 1993 était consacrée à Longhorn (qui devait sortir plusieurs années plus tard sous le nom de Vista) et enfin la dernière en date qui remonte à 2005 vit la première présentation d’Office 2007.

PDC 2008

L’édition 2008 de la PDC présente un certain nombre de particularités parmi laquelle le fait d’être la première de l’ère de l’après Bill Gates. Le fondateur de Microsoft a laissé à ses successeurs le soin de définir les nouvelles orientations stratégiques du groupe à un moment où les franchises traditionnelles du groupe font l’objet d’attaques de toutes parts.

L’éditeur voit ainsi sa position hégémonique sur le poste de travail remise en question par Apple au moment où Office est challengé par Open Office mais peut être de façon plus importante par le modèle SaaS dont un des tenants n’est autre que Google avec son offre Google Apps.

D’un point de vue plus général, le mouvement vers le cloud computing menace les fondements sur lesquels Microsoft s’est construit ces vingt dernières années et la PDC 2008 permettra pour la première fois d’avoir une vue d’ensemble de la proposition de Microsoft dans ce domaine.

Depuis le recrutement en 2005 et la désignation qui a suivi de Ray Ozzie comme Chief Technical Officer succédant à Bill Gates, celui-ci a travaillé à redéfinir la stratégie de Microsoft pour prendre en compte le défi que fait peser Internet sur le business model de l’éditeur. Dans un mémo célèbre intitulé the "Internet Services Disruption » écrit en Octobre 2005, Ray Ozzie établissait les fondements de la transformation culturelle en cours chez l’éditeur.

Quelques années (et pas mal de milliard de dollars d’investissements) plus tard ont émergé un certain nombre de nouvelles offres : les différents services « Live », Office Online (fourniture de services de messagerie, de collaboration et de communication hébergés ), Office live Workspace, Live Mesh, SQL Server Data Services, … le tout sous tendu par un nombre grandissant de Datacenters qui essaiment sur toute la planète. Mais jusqu’ici Microsoft s’était toujours refusé à présenter une vision d’ensemble de sa stratégie online repoussant toute discussion à la PDC.

Nous y sommes finalement et cette conférence représente le « coming out » de Microsoft sur tous ces sujets.

Le focus de cette première journée est la stratégie « cloud computing », la deuxième journée qui fera l’objet d’une couverture détaillée sera elle consacrée à Windows 7, Office 14 et Live Mesh.

PDC 2008 Première journée

Le keynote de cette première journée était animé par Ray Ozzie assisté par Bob Muglia, en charge de la division serveur (Muglia est l’homme qui a développé l’offre d’infrastructure de Microsoft, i.e. Windows Server, SQL Server, Hyper-V, la gamme System Center, …)

Ray Ozzie introduisait sa présentation en expliquant qu’il attendait depuis des années d’avoir enfin l’opportunité de présenter dans son ensemble la plateforme sur laquelle il travaillait depuis trois ans.

Il soulignait l’importance de la transformation que nous sommes en train de vivre, qui ne doit rien au « hype », et qui va bouleverser la façon dont les entreprises et les développeurs vont travailler dans les années à venir. Ozzie soulignait la spécificité des applications Web qui se doivent de prendre en compte des caractéristiques nouvelles telles que la capacité dynamique de montée en charge qui sont des contraintes inconnues des développeurs en entreprise. Il rendait également hommage à Jeff Bezos, le patron d’Amazon, pour avoir été un pionnier dans le développement d’Elastic Cloud computing (EC2), sans doute la première plateforme commerciale de «cloud computing.

Le CTO de Microsoft rappelait le grand nombre de services Web que Microsoft gère depuis des années et qui sont soit orientés grand public (Live services, Hotmail, …), soit destinés aux entreprises (Microsoft Online, SQL Server Data Services). La gestion opérationnelle de ces services a débouché sur une infrastructure et une expérience que Microsoft se propose de mettre à disposition des entreprises et des développeurs.

Une nouvelle architecture trois tiers

Pour ce faire, Microsoft souhaite introduire un nouveau « tiers » venant compléter les deux tiers pré existants que sont le poste de travail (PC, Windows Mobile) et le serveur (au sens de Windows server).

Ce nouveau tiers, dont la mission sera d’étendre les services du SI de l’entreprise, est dénommé « Azure ». La nouvelle plateforme « Windows Azure » vient d’être annoncée et entre en phase bêta restreinte dans les premières semaines avant que d’être élargie et d’entrer à une date ultérieure en phase d’exploitation commerciale.

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Ray Ozzie annonçant Windows Azure

Cette nouvelle plateforme fournira un ensemble de services de traitement capables de prendre dynamiquement en compte toute nécessité de montée en charge ; elle assurera des services de fédération d’identité ainsi que de stockage. Ces services seront fournis par des ressources hébergées au sein des Datacenters de Microsoft. Ray Ozzie était assez avare de détails concernant les mécanismes sous jacents à Windows Azure. Il mentionnait qu’il serait fait un usage poussé d’Hyper-V (l’hyperviseur de Windows 2008) pour assurer la montée en charge ainsi semble t’il que pour offrir une reprise rapide en cas d’incident. Windows Azure est destinée à offrir un haut degré d’abstraction au développeur, le modèle de conception ne comprenant pas par exemple de notion de serveur.

La proposition de valeur Microsoft associée à Windows Azure tient à la promesse d’une réduction de coût pour les entreprises qui adopteront cette plateforme pour tout ou partie de leurs développements futurs.

Windows Azure a pour caractéristique d’automatiser le management des services, y compris la mise à jour des applications tout comme des composants sous jacents. Elle s’appuie sur une modélisation des services qui seront requis pour chaque application, les spécifications correspondantes prenant la forme d’un fichier XML.

Laisser le choix à l’entreprise

Une des caractéristiques intéressantes de l’approche de Microsoft est ce que l’éditeur appelle « the power of choice », en d’autres termes la possibilité de mixer applications traditionnelles et applications hébergées « on the cloud ». Non seulement il sera possible de mélanger des applications s’exécutant dans les différents « tiers » (en interne à l’entreprise tout comme au sein de Windows Azure) mais Microsoft promet que des allers et retours seront possibles entre ces deux modèles. On pourra par exemple développer une application en décidant qu’il est plus économique d’externaliser le stockage quitte à rapatrier cette fonction ultérieurement.

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Un autre point mis en avant réside dans la capacité de réutiliser les compétences des développeurs sur des outils tels que Visual Studio, la plateforme .NET ainsi que les langages associés tels que C# ou encore Visual Basic. Une démonstration de ce keynote illustrait comment héberger dans Windows Azure une application « classique » en y ajoutant un fichier de configuration décrivant le niveau de service attendu, ce dernier étant stocké dans un simple fichier XML.

Ozzie rappelait que Microsoft lui-même opère ses services sur Windows Azure avant de décrire les services que ce tiers Web fournira dans sa première version. Ces services sont amenés à se développer dans les mois et années à venir, Windows Azure étant un chantier de long terme destiné à supporter les cinquante prochaines années selon les termes du CTO de Microsoft.

Services Azure

Les services de Windows Azure

Les premiers services disponibles seront donc « Live Services » destinés à des applications concernant le grand public, .NET Services, SQL Server Services, SharePoint Services et enfin Dynamics CRM.

· .NET Services offrira des services d’authentification et de workflow ainsi qu’un « Bus Service » destiné à permettre l’intégration des applications Windows Azure avec le SI de l’entreprise.

· SQL Services étend les services de stockage introduits quelques mois plus tôt dans SQL Server Data Services. Cet ensemble est destiné à offrir à terme l’ensemble des services de SQL Server et notamment les fonctions de synchronisation de données, d’ETL, de reporting et de data mining.

· Sharepoint Services a pour objet de supporter l’hébergement d’applications de collaboration nécessitant l’intégration de nombreux intervenants internes et externes à l’entreprise. Ces services permettront également de relier des applications internes avec des services SharePoint hébergés.

· Enfin Dynamics CRM services vient compléter ce premier ensemble dont Ozzie explique qu’il est amené à s’étoffer rapidement.

Windows Azure en tant que plateforme est bâtie sur une version spécifique de Windows Server que Microsoft n’a pas l’intention de commercialiser. En d’autres termes, Microsoft se réserve l’usage exclusif des technologies développées dans le cadre de Windows Azure.

Différenciation

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Les caractéristiques distinctives de Windows Azure pour Microsoft

Si Microsoft n’est pas le premier à entrer sur le marché du cloud computing, il dispose d’une plateforme qui présente des caractéristiques uniques et susceptibles d’intéresser un large public qui va des développeurs Web, aux ISVs pour inclure enfin les développeurs en entreprise.

L’attrait de Windows Azure repose sur l’accès à des services de fédération d’identité, sur la réutilisation des compétences .NET, Visualt Studio et enfin sur la capacité de prendre en compte un grand nombre d’expériences utilisateur : du PC au smartphone en passant par le navigateur.

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Enfin, comme la diapositive ci-dessus l’illustre, Windows Azure est amené à supporter la plupart des technologies du marché puisqu’il est prévu que des développeurs Eclipse, python, Ruby ou PHP puissent accéder à cette plateforme.

Ray Ozzie précisait que le business model associé à Windows Azure était en cours de définition mais assurait qu’il serait compétitif et basé sur la consommation de ressources liée à l’usage des services ainsi qu’u niveau de SLA (Service Level Agreement) choisi.

La force de Microsoft repose en grande partie sur sa capacité à attirer les développeurs.

En rendant sa plateforme attractive pour les programmeurs, Microsoft su faire de Windows le système d’exploitation disposant du plus grand nombre d’applications et ainsi de la plus grande attractivité tant pour les entreprises que pour le grand public. C’est un des éléments qui permirent à l’éditeur de l’emporter contre IBM et OS/2 dans les années 90.

Aujourd’hui, la bataille s’est déplacée vers le cloud. Microsoft espère convaincre les millions de développeurs qui ont investi dans ses technologies de le suivre dans cette nouvelle entreprise. Un des atouts de l’éditeur consiste à offrir des outils et des langages qui permettent de développer pour le Web mais aussi pour les PC ou les mobiles, permettant ainsi de capitaliser sur l’expérience des développeurs.

Le bénéfice est double pour Microsoft et ses développeurs : rendre leurs applications attractives en offrant une interface riche quelle que soit la façon de consommer ces programmes et enfin rappeler l’importance du poste client dans le succès d’un service, fût il délivré par le web. Dans la bataille engagée par Microsoft pour imposer l’approche Software + Services contre une vision SaaS ne prenant en compte que la composante Web, ce facteur pourrait peser lourd dans la balance.

L’annonce de Windows Azure marque une nouvelle étape dans l’histoire déjà longue de Microsoft.

Bien que Windows Azure soit manifestement à un stade précoce de son développement, la plateforme présentée par Ray Ozzie et Bob Muglia est riche de promesses tant pour ses futurs utilisateurs que pour l’éditeur lui-même.

Sans préjuger de la qualité et du timing de l’exécution de la stratégie présentée, Windows Azure constitue une preuve supplémentaire de la capacité de Microsoft à s’adapter à un environnement susceptible d’évolutions rapides.

Un certain nombre de pièces du puzzle viennent d’être révélées lors du premier jour de cette PDC, Ray Ozzie (encore lui) annonçait qu’il serait de retour demain pour évoquer la stratégie du poste client.

27 octobre 2008 Posted by Hugo Lunardelli | Analyse | one comment

One Response to “Windows Azure, l’OS de Microsoft pour le « cloud »”

  1. [...] suite à l’introduction de Windows Azure (voir le compte rendu de la première journée), cette deuxième journée devait être consacrée au poste [...]

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